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- À une époque où la question de l’appartenance européenne est constamment remise en question, comme on peut le voir avec la montée en puissance des partis politiques et opinions eurosceptiques dans de nombreux pays européens, et à l’extrême, avec le Brexit tout récemment, il paraît opportun de se questionner sur l’intérêt pour un pays de faire partie de cette Union européenne parfois ardemment critiquée et cela même antérieurement à sa création. On pourrait aborder cette question sous différents angles tant les domaines concernés sont nombreux, citons par exemple la politique, la justice, l’environnement, la culture ou l’éducation. Mais l’objectif de ce travail-ci est d’analyser l’influence de l’Union européenne sur le commerce. Plus précisément, l’analyse qui sera développée par la suite concernera l’impact de l’Union européenne pour les pays membres sur les flux commerciaux de biens à l’intérieur de l’UE. Est-ce que faire partie de l’Union européenne est avantageux pour les pays membres au niveau du commerce ? Est-ce que cela leur apporte un réel gain comme on le souligne souvent ou est-ce que les retombées ne sont en fait pas si significatives que cela ? C’est une question qu’il est important de se poser afin de pouvoir déterminer comment aborder le futur commercial à l’intérieur de l’Union européenne. Si les avantages sont réels, il pourrait être pertinent au sein des instances européennes de réfléchir à pousser encore plus l’intégration européenne au niveau commercial. Cela pourrait être fait en continuant à harmoniser les nombreuses normes existantes qui varient en fonction des pays, rendant plus difficile le commerce entre ces pays, et en continuant à faire baisser les nombreuses barrières à l’entrée sur certains marchés domestiques. La méthode utilisée dans ce travail pour calculer les effets de l’Union européenne est celle du modèle d’équation de gravité. C’est ce modèle, expliqué en détail par la suite, qui est le plus utilisé au sein de la littérature étudiant les flux commerciaux. Les raisons de son utilisation massive dans ce domaine sont sa vraie facilité d’utilisation combinée à son pouvoir prédictif très important. Selon Head et Mayer (2014), il existe une correspondance entre les résultats obtenus grâce à cette équation de gravité et les données agrégées comprise entre 60 et 90 %. Ce travail sera divisé en deux grandes parties. La première partie concernera surtout la situation du commerce intra-Union européenne. Le premier point de cette première partie reprendra les différents évènements qui ont marqué l’évolution de l’Union européenne, de sa création jusqu’à aujourd’hui, avec un point de vue centré sur le commerce. Ensuite, le deuxième point se concentrera sur la situation du commerce intérieur à l’Union européenne. Le troisième point consistera à détailler les avancées qui ont pour objectif de faciliter le commerce au sein de l’Union européenne ainsi que les potentielles améliorations. Enfin, le dernier point de cette partie abordera l’intégration du marché européen. La deuxième partie sera consacrée à l’analyse en tant que telle des effets sur le commerce grâce aux estimations obtenues grâce au modèle d’équation gravitaire. Le premier point reprendra les différents fondements théoriques de cette équation, ses principaux contributeurs ainsi que l’application théorique de cette équation en ce qui concerne les flux commerciaux. On y retrouvera également les différentes estimations des effets de l’Union européenne sur le commerce. Les résultats obtenus dans ce point sont issus de deux méthodes principales d’estimation, la première étant l’estimation par OLS et la deuxième par PPML. Ces deux méthodes, qui seront expliquées en détail au moment opportun, sont les deux principaux procédés utilisés dans la littérature lorsqu’on veut estimer différents coefficients de variables à l’aide de l’équation de gravité. À l’aide de ces deux méthodes d’estimation, nous avons effectué l’analyse selon les différentes approches suggérées par la littérature. Ces approches sont souvent différentes en fonction de la période dans laquelle les chercheurs ont publié leurs articles. On s’intéressera plus aux résultats obtenus grâce aux approches récentes, mais il semblait pertinent d’observer de quelle proportion ces résultats varient par rapport à ceux issus de méthodes recommandées antérieurement. C’est pourquoi, dans les tableaux de résultats présents dans cette partie, certaines estimations sont incluses, mais peu discutées par rapport à d’autres qui sont reprises comme résultats centraux de notre analyse. Le dernier point de cette deuxième partie a pour objectif d’estimer quels pays parmi les différents candidats à l’entrée dans l’Union européenne ont le plus à gagner ou à perdre individuellement. Cette estimation se fera en introduisant différents termes d’interaction dans l’équation de gravité. Ces termes, tous liés à une variable spécifique, permettent, grâce à l’estimation de leur coefficient, en regardant différentes caractéristiques des pays candidats, de voir dans quelle mesure l’entrée au sein de l’Union européenne sera bénéfique ou non.