Développement et mise en œuvre du Plan d’Action National Alcool (PANA) : Enquête aux stakeholders
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- Contenu : La consommation nocive d’alcool est un réel problème de santé publique. C’est le troisième facteur favorisant la maladie dans le monde (OMS Organisation mondiale de la santé, 2010). La Belgique n’est pas épargnée par ce phénomène. Pour rappel, la Belgique, présente une consommation annuelle de 9.8 litres d’alcool par habitant (de plus de 15 ans). Ce qui est au-dessus de la moyenne des pays de l’OECD et de la moyenne mondiale (Oecd, 2015). De plus, 82% des belges de plus de 15 ans consomme de l’alcool (Gisle, 2014). Depuis plusieurs années, de nombreux pays s’engagent dans la lutte des méfaits liés à la consommation nocive d’alcool à l’aide d’un plan. En effet, la problématique relève de plusieurs dimensions sociale, juridique, financière, sanitaire etc. et les actions possibles s’étendent sur plusieurs axes : éduquer, prévenir, contrôler l’offre, interdire le marketing, renforcer les structures curatives… Le plan est l’outils le plus adapté pour coordonner ces différentes mesures. La Belgique tente sans succès depuis environs 10 ans d’élaborer son propre Plan d’Action National Alcool. Méthode : J’ai donc réalisé une enquête par les parties prenantes afin de répondre à la question pourquoi le plan alcool n’a-t-il pas encore aboutit ? Pour mener à bien mon enquête j’ai utilisé des éléments issus de la littérature et de la presse afin d’identifier le contexte de l’élaboration du PANA et l’ensemble des parties prenantes. Ensuite j’ai réalisé une phase exploratoire à l’aide d’entretiens semi-directifs auprès de 4 expertes. Cela m’a permis de récolter 6 mesures qui faisaient débat dans l’élaboration du plan : Interdire la vente d’alcool aux moins de 18 ans. Autoriser la vente de bière et de vin aux +16 ans. Interdire strictement la publicité pour l’alcool ciblant les moins de 18ans.Contrôler systématiquement l’âge des personnes qui achètent de l’alcool. Augmenter le prix des alcools bon marché. Interdire la vente d'alcool sur les aires d'autoroute. J’ai aussi identifié 5 critères de performance ces mesures : le coût social, l’efficacité, l’acceptabilité, la cohérence et la faisabilité. Par la suite, j’ai effectué une Self explicated method (SEM) sur base de ces 6 mesures et 5 critères dans le but d’identifier les préférences entre 4 groupes de stakeholders à savoir les étudiants, les politiciens, les professionnels de la santé et les producteurs/vendeurs/ lobby. Le test statistique ANOVA me permet de déceler l’existence de différence significative des scores d’utilité des mesures et l’importance des critère entre ces 4 groupes de parties prenantes. Résultats : La SEM met en avant que l’interdiction de vendre de l’alcool aux moins de 18 ans et l’interdiction stricte de publicité pour l’alcool ciblant les moins de 18 ans sont jugées très performantes et sont consensuelles. Il me semble donc que les stakeholders sont d’accord pour protéger les mineurs. Cependant, j’ai pu mettre en avant l’existence de différences significatives entre différents stakeholders. Il apparaît notamment que les étudiants et les producteurs sont en désaccord sur l’importance que représente le coût social et la faisabilité des mesures. Cela a des conséquences dans l’appréciation de l’utilité des mesures dans ces deux critères pour ces deux stakeholders. L’existence de désaccord entre les différents stakeholders semble faire obstacle à l’aboutissement d’un plan. Néanmoins, d’autres raisons peuvent expliquer son non-aboutissement. L’impact de la régionalisation de certaines compétences semble être une cause majeure de l’échec du PANA.