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- Le thème des maladies en relation avec le travail est abordé sur le plan de la prévention, de la reconnaissance et de l'indemnisation. Les maladies en relation avec le travail sont de nouvelles entités, empruntées au tableau des maladies courantes, voire ubiquitaires, caractérisées par leur multicausalité (lombalgies, cancers divers, troubles psychiques) ; des facteurs extraprofessionnels sont donc également responsables de la maladie. Aujourd 'hui, la reconnaissance des maladies professionnelles implique des données épidémiologiques indiquant un RR > 2 ou la connaissance d'un mécanisme étiopathogénique précis permettant d'établir un lien de cause à effet solide entre une nuisance présente sur les lieux du travail et une maladie qui en découlerait. Pour les maladies en relation avec le travail, l'intervention de facteurs extraprofessionnels diminue ce RR, ce qui exclut ces maladies de la liste des maladies professionnelles. En Belgique, c'est par l'intermédiaire de la prévention que l'on s'attaque à la problématique des maladies en relation avec le travail. L'article 2 de la loi du 13 juillet 2006 a changé l'intitulé des lois coordonnées et vise maintenant tant la prévention des maladies professionnelles que la réparation des dommages résultant de celles-ci. Le paragraphe 1er de l'article 62 bis énonce que le Fonds des Maladies professionnelles peut contribuer à la prévention de celles-ci en finançant des mesures au bénéfice de personnes victimes d 'une maladie en relation avec le travail. A l'heure actuelle, seules les lombalgies font l'objet de mesures préventives financées par le Fonds des Maladies professionnelles suite à la promulgation de l'A.R. du 17 mai 2007. Cette démarche résulte d'un avis formulé par le Conseil scientifique du Fonds, avalisé par le Comité de gestion du Fonds, lui-même en relation avec le Service public fédéral de la Sécurité sociale. Depuis I'AR du 9 mai 2008 publié au M.B. le 29 mai 2008, un Comité technique de prévention a été créé pour donner spécifiquement des avis concernant la prévention. Toutes ces démarches peuvent prendre du temps et il existe aujourd 'hui des travailleurs qui souffrent d'affections que l'on pourrait qualifier de maladies en relation avec le travail qui ne sont pas reconnues et qui ne bénéficient d'aucune mesure d'indemnisation ou de prévention. En Europe, la Suède a résolu le problème en réalisant en 1993 une fusion entre l'assurance générale pour les soins de santé et l'assurance pour les maladies professionnelles ; depuis lors, le système de déclaration est uniquement ouvert et le lien de causalité entre un risque particulier et le dommage qui en résulte est plus faible que celui exigé en Belgique pour la reconnaissance des maladies professionnelles. Le système suédois prend également en charge parmi les pathologies professionnelles, les pathologies psychosomatiques et mentales et prend en considération le génotype du travailleur qui peut influencer la sensibilité à certaines substances. Dans le cadre de ce mémoire, la réflexion se porte sur des mesures de prévention qui pourraient être prises en charge financièrement par le F.M.P. pour diminuer la morbidité du cancer du sein dont les données épidémiologiques indiquent un RR de 1,48 avec le travail posté (Megdal, 2005, p .2030). Des expériences chez la souris prouvent que c'est par l'intermédiaire d'une altération des rythmes circadiens centraux et périphériques induite par des modifications dans les conditions d'éclairement que se produisent des effets au niveau de la régulation de la division cellulaire et au niveau de l'apoptose dans les cellules néoplasiques. Le problème en soi n'est pas le travail posté mais l'altération de la physiologie circadienne avec une diminution de la coordination des horloges périphériques et une dérégulation du cycle cellulaire et de la fonction de suppression tumorale. Il existerait des facteurs de susceptibilité individuelle. L'altération du sommeil, la fatigue persistante, la dépendance aux somnifères et la perturbation de l'humeur incluant la dépression chez les travailleurs postés pourraient être un reflet de la désynchronisation de leurs rythmes circadiens. Les outils tels que l'échelle de somnolence d'Epworth et le questionnaire de Spiegel sont à évaluer pour mettre ces symptômes en évidence dans le cadre d'une désynchronisation des rythmes circadiens. L'utilisation de biomarqueurs pour déceler ces altérations chez les travailleurs postés n'est pas encore au point.Suite aux résultats des expériences chez la souris et des études cliniques chez l 'homme et selon les connaissances scientifiques actuelles, on peut recommander que les patientes guéries ou souffrant d'un cancer du sein n 'effectuent plus de pause de nuit durant le travail posté. L'intervention d'un ergonome à charge du F.M.P. pour réorganiser le travail de ces femmes en prenant en considération la diversité des travailleurs de l'entreprise et le contenu du travail serait judicieuse. li faudrait également organiser un dépistage du cancer du sein pour les femmes à risque qui effectuent un travail posté avec pause de nuit. Ce dépistage pourrait être pris en charge par le F.M.P. Dans le cas de travailleuses ayant une histoire familiale positive avec transmission familiale de mutations dans certains gènes, le travail de nuit est à déconseiller.