Prescription simultanée de méthylphénidate et de rispéridone : une combinaison paradoxale dangereuse ou intéressante ? Regard sur le mécanisme dopaminergique et sur l’aspect clinique dans le cas du trouble du déficit de l’attention/hyperactivité et trouble oppositionnel avec provocation ou trouble des conduites comorbides chez l’enfant et l’adolescent.
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- Le trouble du déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) est l’un des troubles les plus courants en pédopsychiatrie, et souvent, les patients présentent des troubles psychiatriques comorbides, parmi les plus fréquents, le trouble oppositionnel avec provocation (TOP) et le trouble des conduites (TC). Une médication est alors souvent nécessaire, et les guidelines cliniques manquent. Le méthylphénidate (MPH), un psychostimulant, et la rispéridone (RISP), un antipsychotique, sont souvent prescrits simultanément, et seraient efficaces. Néanmoins, cette combinaison peut sembler contradictoire : les psychostimulants inhibent la recapture de la dopamine (DA) alors que les antipsychotiques sont antagonistes du récepteur D2. Les différents effets du MPH et de la RISP sur le système dopaminergique dans les zones cérébrales principalement impactées par un défaut de DA dans le TDAH et le TOP et TC ont été analysés dans ce travail. Via l’action de la RISP sur de nombreux récepteurs autres que D2 (récepteurs sérotoninergiques et noradrénergiques), la concentration de DA serait augmentée, comme lors de la prise de MPH. De plus, la RISP aurait pour effet de limiter la libération excessive de DA dans la synapse. La prise conjointe de ces deux molécules pourrait également permettre de diminuer les doses prescrites pour chacune d’entre elles, ce qui pourrait modérer l’effet de tolérance et les éventuels effets indésirables. Les données cliniques disponibles sont limitées, mais un avantage pour la combinaison de molécules par rapport au MPH est globalement remarqué. Au niveau de la sécurité, à court terme, les données sont rassurantes, bien que des effets secondaires graves mais rares, tels que la dyskinésie, soient signalés. En conclusion, cette combinaison est intéressante et possiblement bénéfique, mais des études sur son efficacité et sa sécurité sur le long terme sont nécessaires, et l’étude d’autres antipsychotiques avec un profil plus sûr, tel que l’aripiprazole, seraient souhaitables. Attention deficit/hyperactivity disorder (ADHD) is one of the most frequent disorders encountered in child psychiatry and is often presented with comorbid psychiatric disorders, among which oppositional defiant disorder (ODD) and conduct disorder (CD) are often observed. Medication is then regularly needed, and clinical guidelines are lacking. Methylphenidate (MPH), a psychostimulant, and risperidone (RISP), an antipsychotic, are often prescribed simultaneously and seem to be efficient. Nonetheless, this combination seems contradictory, psychostimulants being inhibitors of dopamine (DA) reuptake, and antipsychotics being antagonists of DA D2 receptors. The effects of MPH and RISP on the dopaminergic system in the main brain regions impacted by the lack of DA in ADHD and ODD and CD are reported in this paper. Thus, by its action on numerous receptors beyond D2 (serotonin and noradrenaline receptors), RISP might increase the concentration of DA, as MPH would. Besides, RISP might limit excessive synaptic release of DA. The combination of these two drugs could also allow to reduce the dose of each molecule, which could decrease tolerance and adverse events. Clinical data is limited, but generally, an advantage was found for MPH and RISP taken together versus MPH taken alone. In terms of safety, data is reassuring in the short term. However, rare but severe adverse events such as dyskinesia have been reported. In conclusion, this combination of drugs is interesting and possibly beneficial but studies on efficacy and safety in the long term are needed. It would also be of interest to study the combination of MPH with other antipsychotics with better safety profiles, such as aripiprazole.