La satisfaction des besoins psychologiques fondamentaux au cœur du processus de transition vers l’enseignement supérieur : évolution et rôle du soutien des professeurs sur l’engagement étudiant
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- Le taux d’abandon des étudiants entrant pour la première fois dans l’enseignement supérieur est proche des 33% pour 23 des pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économique [OCDE] (Bargmann et al., 2021). La Belgique n’est pas exceptée : 22% des étudiants abandonnent à l’issue de leur première année dans l’enseignement supérieur et 41% changent de filières d’études ou redoublent dans la leur (De Clercq & Perret, 2020). L’abandon n’est pas à considérer à la légère. Effectivement, il a de nombreuses conséquences que ce soit financières ou émotionnelles, par exemple (Van Rooij et al., 2017). Ces chiffres mettent en lumière la période critique dans laquelle les étudiants se retrouvent (Jacquemart et al., 2024 ; Van Rooij et al., 2017). Beaucoup de défis et de difficultés attendent ces derniers lors de leur première année de bachelier : gestion personnelle de leur apprentissage (Nakhili et al., 2019), tisser des liens sociaux (De Clercq, 2019 ; Nakhili et al., 2019), comprendre et appliquer les codes académiques (Bargmann et al., 2021 ; Liu & Zhang, 2023). Cette période instable peut être étudiée sous l’angle de la théorie de la transition, car cela permettra de mieux comprendre pourquoi les étudiants échouent ou abandonnent (Kahu & Nelson, 2018). De nombreuses recherches se sont développées sur la transition vers l’enseignement supérieur (Ball et al., 2024), mais il persiste quelques lacunes. Les deux principales portent sur le manque d’études longitudinales et sur la non prise en compte de données à la fois dans l’enseignement secondaire et dans l’enseignement supérieur (Ball et al., 2024 ; Dupont et al., 2015 ; Gale & Parker, 2014). Cette recherche a pour objectif de mieux comprendre le processus de transition des étudiants vers l’enseignement supérieur et de répondre aux limites mises en évidence ci-avant. Le processus de transition des étudiants sera analysé en regard de la théorie des cycles de transition de Nicholson (1990). Cette théorie représente la transition sous forme d’un cycle composé de quatre étapes qui ont lieu à des moments plus ou moins précis durant l’année académique de ces étudiants et durant lesquelles l’étudiant fait face à différentes tâches et défis à relever (Nicholson, 1990). En résumé, les principaux défis sont de se forger de nouvelles amitiés, de développer une certaine autonomie et de se sentir compétents dans leurs études. Ces trois éléments font écho aux trois besoins psychologiques fondamentaux de la théorie de l'autodétermination (De Clercq et al., 2023). Cette théorie permet de considérer à la fois des facteurs individuels et contextuels (Deci & Ryan, 2004). C’est pourquoi, nous avons mesuré à chacune des étapes clés de la transition, la satisfaction des besoins psychologiques fondamentaux des étudiants ainsi que le soutien des professeurs et leur engagement. Ces différentes mesures vont nous permettent de répondre à trois objectifs : analyse de l’évolution de la satisfaction des besoins psychologiques fondamentaux, rôle du soutien des professeurs sur cette évolution et rôle de cette évolution sur l’engagement des étudiants. De ces différentes analyses menées, nous retiendrons que la satisfaction du besoin d’autonomie diminue à travers la transition, que celle d’affiliation augmente et que celle du besoin de compétence augmente avant l’entrée dans l’enseignement supérieur puis diminue. De plus, le rôle positif des professeurs dans cette évolution a été démontré. Enfin, la satisfaction des besoins psychologiques fondamentaux des étudiants à la fin de leurs études secondaires joue un rôle sur l’engagement des étudiants dans l’enseignement supérieur. En somme, il apparait important de soutenir la préparation des étudiants avant qu’ils n’arrivent dans l’enseignement supérieur.