Représentations du phénomène de violences gynécologiques et obstétricales par les assistantes en spécialisation de gynécologie-obstétrique à l’UCLouvain
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- Introduction Les « violences gynécologiques et obstétricales » (VGO) revêtent de multiples définitions, dont aucune ne fait consensus. La signification donnée à ce phénomène et son interprétation varient selon les enjeux et la perspective adoptée par les diverses parties prenantes. La question des VGO prend place dans le champ de plusieurs disciplines, dont la santé publique, car ses complications physiques et psychiques mettent à risque la santé féminine et génésique. Malgré les recommandations de bonnes pratiques médicales qui encouragent des soins de qualité, et la loi belge relative aux droits du patient qui prône le respect de l’autonomie des patientes, les femmes témoignent de situations de violences vécues dans leur suivi gynécologique ou obstétrical. Selon différentes parties prenantes, la formation des soignant·e·s semble être la clé de la prévention des VGO. Force est de se demander ce qu’il se passe dans la formation des soignant·e·s, et quelles représentations ce groupe a de la problématique. Méthode La question guidant cette recherche est : « Comment les assistantes, en spécialisation de gynécologie-obstétrique à l’UCLouvain, se représentent le phénomène décrit par le vocable « VGO » ? ». Pour répondre à cette question, des entretiens individuels sont menés auprès de 11 assistantes de genre féminin en cours de spécialisation en gynécologie-obstétrique à l’université UCLouvain. Afin d’appréhender leurs représentations des VGO, ces entretiens sont menés en accord avec les principes de l’approche phénoménologique. De ce fait, des sujet et des points d’attention, relevés préalablement dans la littérature et lors d’entretiens précédents, sont abordés sans suivre un ordre précis, mais rebondissant sur le cheminement de la participante et approfondissant la compréhension du sens qu’elle donne au phénomène étudié. L’analyse se réalise au moyen de plusieurs lectures de la retranscription des entretiens anonymisés, afin d’en extraire les termes descriptifs et les catégories interprétatives. Ces unités d’analyse sont ensuite compilées en vue d’observer des convergences et divergences, et de faciliter la rédaction des résultats. Une vérification intra-codeur permet de vérifier que le sens donné par les participantes est bien conservé. Résultats et discussion Les assistantes se représentent les VGO comme des actes non indiqués, pratiqués pour des raisons autres que des indications médicales et pouvant, ou non, être délétères physiquement ou psychologiquement. Elles intègrent aussi les actes non consentis ; les actes ne faisant pas l’objet d’une information complète et compréhensible par la patiente ; les attitudes de coercition ou encore culpabilisantes et empreintes de jugement ; ainsi que le manque de considération des plaintes de la patiente avec, notamment, une prise en charge inefficace de sa douleur. En approfondissant la compréhension de leurs représentations des VGO, nous comprenons qu’il y a plusieurs acceptions de la violence. L’une regroupe les pratiques guidées par une intention violente ou par une raison autre qu’une indication médicale. Une autre recouvre les pratiques vécues comme violentes par les patientes, mais qui sont plus difficiles à reconnaître par les assistantes, tant elles sont normalisées dans leur formation médicale. Au-delà d’une intention de violence, les VGO surviennent dans des situations où interagissent de façon complexe des facteurs individuels (par exemple : le caractère du personnel soignant) et structurels (ex. : le manque de personnel). Conclusion et perspectives Les situations de VGO font partie du quotidien des assistantes. Parmi ces situations, elles catégorisent certaines pratiques de violences, et en intègrent d’autres comme normales. Afin de mieux comprendre l’interaction des facteurs individuels et structurels, il serait intéressant d’aborder le phénomène sous divers angles et de comparer les représentations d’autres parties prenantes, dont notamment des assistant·e·s issu·e·s d’autres réseaux universitaires.