La déshumanisation organisationnelle: Une étude sur les ressources personnelles et les ruminations affectives
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- La déshumanisation organisationnelle est un phénomène particulièrement délétère pour le travailleur qui en est victime (Taskin et al., 2019). De nombreuses recherches se sont intéressées à ces conséquences en matière de bien-être chez le travailleur, de comportements ou encore d’attitudes envers l’organisation (e.g., Caesens et al., 2017; Caesens & Stinglhamber, 2019; Demoulin et al., 2020; Lagios et al., 2021; Nguyen et al., 2021; Taskin et al., 2019) mais également sur différents modérateurs et médiateurs entrant dans son réseau nomologique (e.g., Brison et al., 2022; Lagios et al., 2022; Sarwar & Muhammad, 2021; Stinglhamber et al., 2021). Cependant, aucune recherche ne s’est réellement intéressée à la question des ruminations affectives chez l’employé en lien avec la déshumanisation organisationnelle. Dès lors, nous explorons la relation potentielle entre ces deux phénomènes afin de comprendre si la déshumanisation organisationnelle peut représenter un antécédent de la rumination affective. Au travers de cette recherche, nous nous intéressons également à la question des ressources personnelles et plus précisément, la question de la pratique d’activité physique et d’autocompassion qui, au travers de la littérature actuelle, jouent toutes deux un rôle modérateur entre de nombreux stresseurs du travail et leurs conséquences respectives (e.g., Anjum et al., 2020; Isoard-Gautheur et al., 2019; Ma et al., 2022; Sliter et al., 2014). Nous explorons donc le potentiel rôle modérateur de la pratique d’activité physique et d’autocompassion sur la relation entre la déshumanisation organisationnelle et la rumination affective. Ensuite, alors que la déshumanisation organisationnelle et la rumination affective présentent toutes deux certaines conséquences communes (e.g., Mullen et al., 2020; Pauli et al., 2023; Sousa & Neves, 2021; Weigelt et al., 2023), nous explorons également le potentiel rôle médiateur de la rumination affective sur la relation entre la déshumanisation organisationnelle et ces conséquences communes (i.e., symptômes psychosomatiques, tensions psychologiques, épuisement émotionnel et la satisfaction au travail). Enfin, nous nous intéressons au potentiel effet indirect de la déshumanisation organisationnelle sur la consommation d’alcool comme une échappatoire via la rumination affective (e.g., Fontesse et al., 2020; Frone, 2015). Pour ce faire, nous avons effectué une recherche quantitative sur base de questionnaires auto-rapportés destinés à des travailleurs actifs. Les analyses statistiques ont permis de démontrer qu’il existe bien une corrélation significative entre la déshumanisation organisationnelle et la rumination affective, mais également qu’il existe une médiation partielle de la rumination affective sur la relation entre la déshumanisation organisationnelle et les quatre conséquences détaillées plus tôt. Cependant, les résultats n’ont pas permis de démontrer un rôle modérateur de l’activité physique et de l’autocompassion sur la relation entre la déshumanisation organisationnelle et la rumination affective. L’hypothèse d’un effet indirect de la déshumanisation organisationnelle sur la consommation d’alcool comme un échappatoire est également rejetée, bien que proche d’un seuil significatif. Cette étude démontre cependant des limites, que ce soit à travers notre échantillon, certaines échelles utilisées ou encore le design de notre étude. Ces dernières sont détaillées au sein de notre dernier chapitre, en complément des recommandations pour les recherches futures.