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Dans les traumas éternels d’un colonisé : le camping tunisien ou l’histoire d’une lutte contre la servitude. Enquête ethnographique en Tunisie

(2024)

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Désormais promue au même plan de connaissance que celui de l’objet et de l’immobile, la terre est en train de perdre à tout jamais son statut d’interlocutrice. Dressée devant les hommes tel un outil à portée de main qui sert d’ustensile à la jouissance de l’homo economicus, la Terre devient inhabitable (Liberski-Bagnoud, 2023). Mais il semblerait qu’il existe encore, dans nombre de régions de la planète, des sociétés, des communautés dont l’agir est modelé par des rationalités qui laissent place à un autre mode d’existence de la terre, des animaux, des plantes, des collines, des rivières et des forêts… Des communautés dont l’agir semble être gorgé de rancœur mais de pardon, de désespoir mais d’espoir, de haine mais d’amour. Pour des êtres qui voient alors dans l’oppression le fléau majeur de la condition humaine, qui détourne et vicie les valeureux souffles de l’hommes, la tente semble être le dernier porte-étendard de la liberté et de l’affranchissement d’un peuple longtemps opprimé. Péril en la demeure, il est alors venu le Temps de tous les possibles pour une jeunesse en proie à un désir absolu d’émancipation. Alors parce qu’ils campent dans l’intérieur des terres, entre chotts, mers, plaines et rivières, sur les rives d’une vaste terre étendue qu’est le doux paysage tunisien, mes acteurs de terrains semblent être par excellence ces hommes de marge que nul ne pourrait arrêter. Par le pays dont ils sont les ressortissants, par les contacts qu'ils multiplient, par les colonisations et les implantations qui les ont éperdument ébranlés, par l'attention malsaine qui s’est longuement portée sur eux, ils sont devenus citoyens dans l’aire de l’indignation et de la souffrance. Camper pour eux ne demeure donc plus être un simple acte de loisir ou de rêverie, camper pour eux semble être un acte fondateur de reviviscence. Le socle même d’un élan d’existence ou de re-existence. Alors si les luttes pour s'assurer un lopin de terre ou à ensemencer un bon pâturage se font de plus en plus rares en Tunisie et si les aires de nomadisation sont aujourd'hui nettement définies dans ce paysage méditerranéen (André, 1979), d’autres luttes modernes éclosent sur le sillage du nomadisme tunisien, laissant voir s’esquisser à l’horizon un nébuleux mouvement d’insurrection par une jeunesse arabe qui ne semble pas prête à abdiquer...