Explorer l’expérience du fait migratoire par l’écriture de soi de femmes post-migrantes : se défaire des assignations sociales et (ré)affirmer sa place. À partir des récits autobiographiques de Souad Fila
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- Ce mémoire à travers deux récits autobiographiques d’une autrice bruxelloise, Souad Fila, vise à apporter des éclairages sur les expériences de femmes minoritaires issues de l’immigration post-coloniale. Ces deux ouvrages ont été publiés aux éditions Antidote. Le premier s’intitule "Salée est l’eau de l’amer" paru en 2013. Il rassemble des textes courts et des poèmes. Le second, "Du soleil d’or riant à l’ancre de l’espoir" édité en 2021, Souad Fila retrace sa filiation maternelle et paternelle en mettant en avant des figures féminines. Dans ces écrits, elle se concentre principalement sur l’expression des luttes quotidiennes féminines, mais aussi masculines. Mon analyse des réalités racontées telles que vécues de l’intérieur par l’autrice, dans un contexte socio-économique et familial complexe se fait d’abord à travers une analyse thématique de ces récits ainsi que des entretiens autobiographiques avec l’autrice. Au préalable, nous avons situé ces récits et l’autrice dans leurs contextes, aussi bien dans le champ littéraire que dans le contexte socio-historique. Les deux objectifs de ce mémoire sont d’une part, d’examiner comment Souad Fila arrive à surmonter les obstacles liés à la publication, particulièrement lorsqu’on est situé à l’intersection de plusieurs formes de marginalité. D’autre part, il s’agit d’analyser comment, à travers l’usage de récits autobiographiques, Souad Fila se réapproprie son histoire familiale et personnelle. La « temporalité intergénérationnelle » a permis d’être attentive à la manière dont Souad Fila intègre le récit des générations précédentes à son propre récit. Elle a aussi aidé à mieux saisir les interactions entre mémoire individuelle et familiale, ainsi que les enjeux de transmission et de représentation. Ce mémoire explore également les rôles de genre et examine la construction des féminités et masculinités dans un contexte de vulnérabilité pré-migratoire et post-migratoire Enfin, ce mémoire examine la manière dont le récit autobiographique confère une capacité d’agir en devenant sujet et en agissant sur les processus d’invisibilisation et d’effacement de ces voix minoritaires. La puissance narrative de l’écriture en « je » constitue un espace de liberté. Se raconter permet de répondre au besoin de cohérence, en effet, l’identité se construisant par et à travers le récit généralement destiné à l’autre.