Les stratégies cognitives de régulation émotionnelle ont-elles un effet sur le burnout scolaire des adolescents, en Fédération Wallonie-Bruxelles ?
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- Initialement étudié chez les adultes, le construit de burnout scolaire intéresse les chercheurs depuis les années 2010 et constitue une problématique actuelle en raison de ses effets délétères, tant sur la santé mentale et physique, que sur le parcours scolaire des adolescents (Meylan, 2015). Il inclut trois dimensions : l’épuisement, le cynisme envers l’école et le sentiment d’inadéquation en tant qu’élève (Salmela-Aro et al., 2009). C’est donc dans la perspective des différents enjeux du Pacte pour un Enseignement d’excellence que cette étude rassemble le burnout scolaire et les stratégies cognitives de régulation émotionnelle, ces dernières étant à considérer dans un contexte de prévention et d’intervention en termes de santé mentale (Garnefski et al., 2001). La présente étude visait dès lors à examiner l’effet de chacune des neuf stratégies issues de l’échelle CERQ-k (catastrophisation, blâme de soi, rumination, blâme d’autrui, mise en perspective, acceptation, recentrage positif, planification et réévaluation positive) sur le burnout scolaire et ses trois dimensions. Pour cela, l’échantillon était constitué de 971 adolescents (48,8% de filles, 49% de garçons et 2,2% de non genrés), âgés de 11 à 21 ans (M = 14) et issus de 7 établissements de l’enseignement secondaire général, en Fédération Wallonie-Bruxelles. Les principaux résultats ont montré que chacune des stratégies cognitives inadaptées de régulation émotionnelle, à savoir la rumination, la catastrophisation, le blâme d’autrui et le blâme de soi, a des effets positifs et significatifs sur le burnout scolaire et au moins deux de ses dimensions. Concernant les stratégies adaptées, seule la stratégie réévaluation positive a des effets négatifs et significatifs sur ces derniers, tandis que la stratégie mise en perspective a quant à elle des effets positifs et significatifs. Comme principale conclusion, il ressort que tout l’enjeu de cette étude ne consiste pas tant à renforcer les stratégies adaptées qu’à amoindrir les stratégies inadaptées employées par les adolescents, du fait d’un lien plus fort de ces dernières avec le burnout. Permettre aux adolescents de prendre conscience de l’existence de ces stratégies inadaptées et de leurs effets nocifs pourrait influencer leur bien-être. Afin d’étayer ces résultats, il serait intéressant d’utiliser une mesure longitudinale qui permettrait d’évaluer les processus émotionnels de l’individu dans un contexte de vie quotidienne.