Prise en charge de la santé globale des femmes ayant des relations sexuelles avec des femmes en médecine générale
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- Introduction : Dans sa pratique, chaque médecin généraliste est régulièrement amené à rencontrer des femmes ayant des relations sexuelles avec des femmes (FSF). Cependant, un faible nombre de médecins identifient ces patientes en les interrogeant sur leur orientation sexuelle et peu d’entre eux connaissent les vulnérabilités de santé qui leurs sont spécifiques ainsi que les inégalités de santé auxquelles elles font face. Pourtant, de nombreuses études scientifiques montrent que les patientes FSF possèdent une moins bonne santé que la population générale. Cette étude a pour but de comprendre l’expérience, les connaissances et la pratique des médecins généralistes en termes de prévention et de suivi de la santé globale des patientes FSF. Méthode : Une revue de la littérature non systématique a été réalisée, suivie d’une étude qualitative sur base d’entretiens semi-dirigés auprès de neuf médecins généralistes en Belgique francophone. Dans cet échantillon, quatre répondants ont reçu une formation sur les vulnérabilités de santé spécifiques aux patientes FSF. Les résultats ont été analysés par la méthode des catégories conceptualisantes. Résultats : La connaissance de l’orientation sexuelle est une étape indissociable de la prise en charge de la santé globale des patientes FSF. Bien qu’ils reconnaissent l’utilité de cette information, nombre de médecins formés et non-formés présentent encore des difficultés à aborder cette question avec leurs patientes. La prise en charge de la santé des FSF est souvent incomplète car de nombreuses vulnérabilités de santé sont invisibles aux yeux des médecins, et en particulier chez ceux non-formés. Cette prise en charge est influencée par différents facteurs tels que le contexte socio-culturel, le manque de connaissances et de formations des médecins et des freins inhérents aux médecins et aux patientes FSF-mêmes. Face à ce constat, diverses perspectives d’amélioration ont été mises en évidence telles que le soutien de la formation des médecins, le travail de l’accueil des patientes FSF, la gestion du temps, l’utilisation du réseau et des ressources ainsi que la création de centres dédiés à la santé sexuelle. Conclusion : Ce travail indique que la prise en charge de la santé des patientes FSF est incomplète et influencée par de nombreux facteurs inhérents à la société, aux médecins et aux patientes FSF elles-mêmes. Nous avons donc soulevé certaines pistes d’amélioration. En outre, davantage de recherches à propos de la santé des patientes FSF devraient être réalisées, afin d’améliorer leur santé et la qualité des soins qu’elles reçoivent.