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Bodson_Charlotte_44462100_2023-2024.pdf
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- Introduction et objectif : La néphronophtise (mutation dans un des gènes NPHP), le syndrome d’Alagille (mutation dans le gène JAG1 ou NOTCH2) et le MODY5 (mutation dans le gène HNF-1β) sont dus à une mutation dans un gène impliqué dans la structure ou la fonction ciliaire. Le cil primaire joue un rôle essentiel dans le développement du tissu pancréatique. Un lien entre la pancréatite chronique (PC), la dysfonction ciliaire et les maladies ciliogéniques a été suggéré sur base d’études sur des modèles animaux, sur des fœtus autopsiés et de case reports. Ainsi, cette étude de cohorte vise à répondre à la question clinique jusqu'ici non abordée dans la littérature : « La dysfonction ciliaire, au sens large, est-elle une nouvelle étiologie de PC ? ». Pour ce faire, nous avons analysé si le phénotype pancréatique observé chez la souris mutée pouvait également être retrouvé in vivo. Méthodes : Au cours de cette étude rétro- et prospective nous nous sommes concentrés sur l’analyse de l’atteinte pancréatique chez des patients porteurs de mutation monogénique dans les gènes NPHP1 (n=9), NPHP3 (n=2), NPHP4 (n=5), JAG1/NOTCH2 (n=45) ou HNF-1β (n=13). Nous avons recueilli les données de lipasémie, de la fonction pancréatique exocrine (élastase fécale, vitamine A et E, trypsine) et de la fonction pancréatique endocrine (glycémie, hémoglobine glyquée). La présence de lipomatose pancréatique a été déterminée en utilisant la densité pancréatique calculée à partir d’un CT-scanner et/ou la fraction graisseuse pancréatique calculée à partir d’une IRM, et pairée à des patients contrôles. Résultats : Dans la cohorte « NPHP1 », une élévation des lipases a été observée chez une majorité de patients (86%), associée à une densité pancréatique significativement élevée sur le CT-scanner (p=0.03). Dans la cohorte « NPHP3 », une lipomatose a été identifiée aussi bien sur le CT-scanner du premier patient que sur l'IRM de l’autre. Concernant la cohorte « NPHP4 », l’élévation des lipases mise en évidence chez plus de la moitié (60%) n’était pas corrélée à une lipomatose significative à l’imagerie. Dans le syndrome d'Alagille, une tendance non significative à la lipomatose a été notée tandis qu’une lipomatose significative (p<0.0001) a été mise en évidence à l’IRM chez les patients « HNF-1β ». Conclusion : Malgré le nombre limité de données, cette étude a permis de mettre en lumière la présence d’un phénotype pancréatique dans diverses maladies ciliogéniques. Certaines mutations ont été associées à un phénotype lipomateux, comme démontré pour HNF-1β et suggéré pour JAG1/NOTCH2 et NPHP3. D’autre part, un nombre certain de patients présentaient une lipasémie anormale, amenant l’hypothèse d’un phénotype pancréatique non lipomateux encore à élucider chez les patients porteurs de la mutation NPHP1 ou NPHP4. Pour mieux définir le spectre clinique de l’atteinte pancréatique chez ces patients et enrichir notre compréhension de la physiopathologie de la PC, une étude prospective avec des séquences spéciales d’IRM et incluant davantage de patients porteurs d’une mutation dans un gène identique sera nécessaire.