Conflits armés et Catastrophes naturelles en Afrique Sub-saharienne : Exploration de la mortalité due aux traumatismes de 1990 à 2019
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- Les conflits armés et les catastrophes naturelles ont marqué l'histoire de l’humanité et sont les principales causes des crises humanitaires et responsables des dommages matériels et humains contribuant à de pics de morbidité et de mortalité dans le monde. Cependant, la mortalité violente liée à ces catastrophes reste peu documentée particulièrement en Afrique subsaharienne. Cette étude a examiné l’évolution temporelle de la part mortalité violente liée aux conflits armés et catastrophes naturelles par rapport à la mortalité globale des pays d’Afrique subsaharienne et vérifié si les vulnérabilités démographiques (part de la population de moins de 15ans, part de la population de 65 ans et plus, pourcentage de la population urbaine) des pays ont un effet sur cette mortalité dans la région. La mortalité violente a été estimée à l’aide des données secondaires agrégées sur les décès enregistrés durant les conflits armés de Uppsala Conflict Data Program (UCDP) et les catastrophes naturelles du Centre for Research on the Epidemiology of Disasters (CRED) dans 46 pays de la région entre 1990-2019. Le modèle de Heckman a été utilisé pour déterminer l’effet des caractéristiques démographiques des pays sur cette mortalité. Nous avons trouvé que l’indice de mortalité violente (nombre des décès violents pour 100 décès toutes causes) variait annuellement d’un pays à l’autre avec des niveaux élevés dans certains pays à l’instar du Rwanda avec 95% en 1994, de l’Erythrée avec 39 % en 1999, du Congo-Brazza avec 20% en 1996, du Libéria avec 9% en 2003. Pour l’ensemble de la région, cette mortalité a sensiblement baissé au cours de trente dernières années après avoir atteint une moyenne de 2,5% en 1994. Nous avons également trouvé que la part de la population de moins de 15 ans dans la population générale est un bon prédicteur de mortalité violente liée aux conflits armés et catastrophes naturelles. Pour chaque variation d’un pourcent de cette population, le nombre des décès violents augmente de 1,14 (IC : 1,042-1,242) unités. Ce résultat implique, qu’en dépit de la variabilité de la situation démographique des pays d’Afrique Sub-saharienne, la jeunesse de la population est un facteur déterminant de l’impact humain qui peut résulter d’un événement catastrophique tant d’origine naturelle que d’origine humaine. Cet impact est 60% moins élevé en cas des catastrophes naturelles que des conflits armés, et est 50% plus élevé lorsque les deux types de catastrophes se produisent simultanément, ce qui suggère un cumul des effets mortifères de ces deux phénomènes. Les recherches futures devraient vérifier si la jeunesse de la population dans chacun des pays pris individuellement et/ou l’ajustement du modèle par des indicateurs socio-politiques (le régime politique, la (bonne) gouvernance, etc.) et environnementaux (l’habitat, la zone géographique, etc.) prédiraient autrement son effet sur la mortalité violente liée aux conflits armés et/ou catastrophes naturelles.