Prévention et prise en charge somatique des patients sous traitement de substitution aux opiacés en médecine générale à Bruxelles : étude de cohorte comparative rétrospective
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- Contexte : La prévalence des patients sous traitements de substitution aux opiacés, c’est-à-dire un traitement de la dépendance à l’héroïne à l’aide d’un opiacé de substitution tel que la méthadone ou la buprénorphine, dans la population active n’est pas négligeable. Cette population à un taux de mortalité dix fois supérieur à la population générale. Les patients rapportent eux-mêmes une moins bonne santé subjective et la présence de comorbidités est fréquente dans cette population. Pourtant, il n’existe presque pas d’études sur la prévention et la présence de maladies chronique chez ce public en Belgique. Méthodologie : Étude de cohorte rétrospective basée sur une étude des dossiers médicaux dans deux maisons médicales à Bruxelles. On y a comparé la prévention et la prise en charge somatique des patients sous traitement de substitution aux opiacés (TSO) à un groupe contrôle apparié selon l’âge et le sexe entre 2014 et 2019. Résultats : Les données ont été collectées sur un total de 172 patients dont 86 patients sous TSO et 86 patients contrôles. L’âge moyen du patient sous TSO était de 48 ans et le ratio homme/femme était de 8/2. Il y avait deux fois plus de patients fumeurs chez les patients sous TSO par rapport à la population contrôle. Parmi les patients sous TSO, 51% avaient une dépendance à l’alcool (OR=6.4, IC 95% : 3.5-13.5), 76% étaient fumeurs (OR=6.1, IC 95% : 3.1-12), 60,2% consommaient régulièrement au moins une substance illicite (OR=7.3, IC 95% : 3.1-17.1) et 46% consommaient des benzodiazépines (OR=17.6, IC 95% : 12,7-24,2). Les patients sous TSO ont bénéficié de moins de soins de prévention primaire et secondaire par rapport au reste de la population. 81% des patients sous TSO présentaient au moins une comorbidité somatique documentée dans leur dossier médical dont 30% cumulaient au moins deux comorbidités. Les prévalences de l’hypercholestérolémie (48,8%), de l’hépatite C (25,8%), de la BPCO/emphysème (20,9%) et de l’hépatite B chronique (19%) étaient plus élevées dans le groupe TSO par rapport aux chiffres issus de la littérature pour la population générale de manière statistiquement significative (p-value <0,05). Conclusion : Les patients sous TSO présentent plus de facteurs de risque de comorbidités, bénéficient de moins de prévention primaire et secondaire que le reste de la population. Ils souffrent de plus de pathologies chroniques que le reste de la population. Enfin, ces pathologies semblent apparaitre plus tôt dans leur vie.