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Lefèvre_83761800_2021.pdf
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- La maitrise de la langue écrite est depuis toujours une des priorités de l’enseignement, en tant qu’enjeu socioculturel en lien avec l’époque (Nergo & Genelot, 2009). Notre société évolue. Comment adapter la maitrise de la langue alors que selon Morais (2016) devenir lecteur est une condition sine qua non d’une scolarité réussie et d’une bonne intégration sociale. Les récents résultats d’enquête PIRLS (2016) réalisée en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) indiquent que l’enseignement en FWB se trouve en-dessous de la moyenne de l’OCDE. La Belgique est l’un des pays de l’OCDE où l’écart entre les élèves favorisés et défavorisés est le plus grand (Hindrinks & Godin, 2016). Un des critères de l’écart entre élèves concerne l’apprentissage de la lecture en première primaire, particulièrement entre élèves dont le français est la langue maternelle et ceux qui ne le parlent pas ou très peu. Comment réduire les écarts dans ces conditions ? Des pistes existent (Dietrichson et al., 2017 ; Slavin et al., 2011 ; McCook, 2006). Notre étude porte sur deux questions liées à l’apprentissage différencié de la lecture et sur le suivi des progrès, deux composantes du modèle de réponse à l’intervention. Sur base d’une approche qualitative, nous avons réalisé une enquête en deux temps par le biais d’entretiens semi-directifs auprès de six enseignants de première primaire en FWB. Les témoignages sont positifs et prometteurs. Ils indiquent que la prise de conscience de cette problématique est bien réelle et que les enseignants développent déjà des pratiques pour suivre au mieux le progrès de leurs élèves en lecture. Si elles diffèrent d’une classe à l’autre, d’un établissement à l’autre, elles se basent en majorité sur la différentiation, individuelle, par petits groupes, ou l’apprentissage coopératif par paires avec un élève éprouvant plus de difficultés que son condisciple-tuteur. S’ajoutent les pratiques de différenciation en matière de contenus, de processus, de temps et de produits. Tout n’est pas parfait. Il existe des réticences, souvent dus à la méconnaissance, à la difficulté de changer de méthode. Mais globalement, la bonne volonté est présente, notamment le partage des expériences et l’adhésion au principe d’une formation adaptée. Les principaux résultats de notre recherche ouvrent des pistes de réflexion ambitieuses pour réduire les écarts de performances. L’enjeu sera de coordonner les efforts dans le cadre d’une stratégie globale pour l’égalité des chances. L’enjeu dépasse l’avenir personnel de chaque enfant, des bases qu’il aura acquises pour réussir son intégration sociale. Il s’agit de l’avenir de notre société dans son ensemble.