L'implication des hommes dans la contraception au sein d'une relation : qu'en est-il?
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- Dans la société occidentale du 21e siècle, alors que certaines inégalités liées au genre s’atténuent, un champ en particulier subsiste : celui de la contraception. Dans un couple, la personne contraceptée est souvent la partenaire féminine. Pour inverser la tendance, que peuvent faire les partenaires masculins, quels sont les moyens dont ils disposent? Pour répondre à ces questions, de la littérature grise et scientifique a été consultée à propos de l’histoire de la contraception, des différentes méthodes -masculines et féminines- existantes, ainsi que de la place des praticiens de la santé dans le processus contraceptif. Ensuite, grâce aux 8 entretiens recueillis, des éléments de réponse éclairent la théorie. Ces entretiens ont été mené avec 8 couples, d’origine française et belge, ayant une pratique contraceptive différente de la norme actuelle (où uniquement la partenaire féminine se contracepte par un apport d’hormones). Agés entre 23 et 30 ans, ceux-ci sont dans la vie active ou étudiants, dans divers secteurs. L’analyse de ces entretiens s’est faite selon la méthode suivante : qualitative, via une codification des thématiques abordées dans les entretiens. Ces entretiens combinés à la revue de littérature, non exhaustive, permettent d’apporter des éléments de réponse à la question de recherche. L’implication des partenaires masculins dans la contraception est tardive et dépend du vécu contraceptif de la partenaire féminine. Cette déduction est tirée des nombreux extraits d’entretiens parlant des expériences négatives en matière de contraception vécues par les partenaires féminines, mais aussi du parallèle qui peut être fait entre le concept de norme gynécologique et les entretiens. Ce concept, nommé par A. Koechlin, illustre la surmédicalisation de la vie contraceptive chez une femme versus l’absence de suivi médicalisé pour celle de l’homme. La discussion parle également de la dimension de l’éducation à la vie sexuelle et affective, de l’asymétrie relationnelle entre les professionnels de la santé et leurs patients et pour finir, de la vague actuelle d’”hormonophobie” (Le Guen, 2021) qui survient notamment en Europe. Un dernier point est finalement relevé : alors que l’une des principales hypothèses d’implication des partenaires masculins était le partage de la charge contraceptive, par les entretiens il s’avère que c’est plutôt un transfert de la charge qui s’est opéré.