Comment les hommes donnent-ils sens à leur pratique de la masculinité sur le lieu de travail et dans la sexualité ? Une comparaison entre infirmiers et travailleurs manuels : au travers des théories sur les masculinités, comment les sphères de la sexualité et du travail s’articulent-elles ?
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- Les études sur le genre au travail et dans la sexualité mettent en évidence des changements dans l’incarnation de la masculinité. Ces changements s’opérant de façon contextuelle, il est pertinent de se demander ce qui cultive ou restreint l’endossement de certaines masculinités dans différents domaines. Ce mémoire en sociologie propose, au travers des théories sur les masculinités, de chercher à comprendre comment travail et sexualité s’articulent. Plus précisément, il s’intéresse à la façon dont les hommes donnent sens à leur masculinité dans les sphères du travail et de la sexualité en comparant deux groupes : des infirmiers et des travailleurs manuels, choisis pour leur entre-soi très féminin et très masculin respectivement. Afin de répondre à cette problématique, une recherche de terrain qualitative a été menée auprès d’infirmiers et de travailleurs manuels. Des entretiens semi-directifs, comprenant des questions sur les valeurs promues par le travail et leurs relations avec leurs collègues, ainsi que sur l’initiation du rapport sexuel, ont été réalisés. La théorie de Connell (2005) sur les masculinités, le concept de masculinité hybride (Bridges et Pascoe, 2014), la théorie des scripts sexuels (Simon et Gagnon, 1986) et le modèle des orientations intimes de Bozon (2001) ont été mobilisés afin d’étudier les masculinités endossées par ces hommes dans ces deux contextes, le travail et la sexualité, et pour finalement comparer ces deux sphères. Les résultats montrent que la masculinité incarnée par les hommes au travail est différente pour les deux groupes : les infirmiers endossent plutôt une masculinité hybride, tandis que les travailleurs manuels revêtent une masculinité qui s’apparente davantage à la masculinité traditionnelle, chaque homme interagissant avec la masculinité valorisée sur le lieu de travail à sa façon : en l’adoptant, en l’incarnant tout en étant critique, ou en s’en distinguant. A l’inverse, dans l’initiation du rapport sexuel, la masculinité pratiquée par les infirmiers et les travailleurs manuels prend la même forme. En effet, les deux groupes adoptent les nouveaux scripts sexuels, et se tournent vers l’orientation intime conjugale, tout en valorisant les idéaux de consentement, de réciprocité et de performance. Ainsi, la masculinité endossée par un homme dans la sphère du travail ne se reflète pas forcément dans d’autres domaines, ici la sexualité. Une piste de recherche future, afin d’expliquer la différence de masculinité endossée par les deux groupes au travail, et, à l’inverse, son uniformité dans la sexualité, serait de se pencher sur la socialisation des hommes dans ces deux domaines.