Les femmes sans abri invisibles et invisibilisées L'invisibilité des femmes sans abri est-elle le produit d'un biais genré?
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- Ce mémoire dont le champ territorial est celui de la Région de Bruxelles-Capitale porte sur la problématique de femmes que l’on qualifie avec la particule « sans » : les « sans abri », celles qui, dans un tourbillon féroce de la vie, ont tout perdu, parfois jusqu’au toit qu’elles avaient sur la tête et qui, depuis, habitent et vivent dans la rue. La perte de logement se conjuguant très souvent à celle de l’emploi les confronte à la stigmatisation, au mauvais jugement car elles ne répondent pas aux attentes sociétales. Pour les évoquer, on utilisera aussi le terme d’ « invisibles ». Mais que donne à voir cette « invisibilité » ? Que traduit-elle ? Est-elle le produit d’un biais genré, l’illustration d’assignations sexuées qui s’inscrivent dans les rapports de genre ? Ce travail, par la voie des entretiens semi-directifs, entre autres, s’attelle à répondre à ces questionnements, en donnant la parole aux principales concernées, à savoir les femmes elles-mêmes ainsi que les professionnel·les du terrain. Le cheminement au cours de ce travail met à jour les chiffres sous-estimés du sans-abrisme féminin dans lequel la violence est rapportée comme l’un des facteurs amenant les femmes à une situation d’errance ainsi qu’une population hétérogène faite de personnes aux trajectoires multiformes, de personnes migrantes, de personnes en proie à des problèmes de santé mentale etc.