Quand le Directeur de prison est une femme - De la féminisation d’une profession au cœur d’un secteur professionnel masculin
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- Environ deux tiers des directeurs de prison en Belgique sont des femmes. Mais l’univers carcéral est d’une part numériquement dominé par les hommes (autant au niveau du personnel que de la population détenue) et est d’autre part symboliquement « décliné » au masculin par les représentations sociales qui sont entretenues à son égard. C’est donc dans un environnement professionnel masculin que ces directrices exercent leur fonction d’autorité (notion elle-même socialement représentée par une figure masculine). Dans un tel contexte masculinisé, observer par quels mécanismes l’autorité des directrices de prison est légitimée sur le terrain et quels obstacles elles rencontrent permet d’aborder les modalités et les effets de la féminisation de la fonction. En effet, en cherchant à déterminer comment et dans quelle mesure les femmes sont reconnues comme figure d’autorité sur le terrain au même titre que leurs homologues masculins, cette étude mesure leur intégration dans la fonction. Après une description du contexte institutionnel, les entretiens réalisés auprès de directrices et de directeurs de prison permettent d’observer que le genre ne constitue plus un obstacle à l’exercice de l’autorité. Si l’intégration progressive des femmes a en effet contribué à modifier les représentations entretenues à cet égard, ce n’est ni faute d’hommes dans la fonction ni parce que la proportion hégémonique des femmes ne laisse pas de place à la contestation de leur autorité, mais c’est parce que celles qui ont occupé et occupent la fonction ont démontré que les compétences à faire autorité ne sont pas liées au genre. About two thirds of prison directors in Belgium are women. However, the prison world is numerically dominated by men (both in terms of staff and of detained population) and is symbolically declined as masculine by the social representations maintained in its regard. It is therefore in a male professional environment that these female prison governors exercise their function of authority (notion also socially represented as masculine). In such a masculinized context, observing the mechanisms by which the authority of female prison governors is legitimized and the obstacles they face makes it possible to address the modalities and effects of the feminization of the function. Indeed, by seeking to determine how and to what extent women are recognized as authority figures in the same way as their male counterparts, this study measures their integration into the function. After a description of the institutional context, interviews with female and male prison directors show that gender is no longer an obstacle to the exercise of authority. If the gradual integration of women has indeed contributed to modifying the representations held in this respect, it is not because there are not enough men in the position, nor because the hegemonic proportion of women leaves no room for their authority to be contested, but because women who have occupied and still occupy the position have demonstrated that the ability to exercise authority is not linked to gender.