Quel est l'impact d'un dispositif permettant le partage des centres d'intérêt en développant des discussions à visée philosophique sur l'ouverture d'esprit des élèves dans une classe de français de l'enseignement secondaire spécialisé de type 1?
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- Notre recherche est partie d’un certain nombre de constats, liés à notre pratique d’enseignement du français dans l’enseignement secondaire spécialisé de type 1. Tout d’abord, les élèves auxquels nous sommes confrontée quotidiennement manifestent un manque de confiance dans leur rapport aux autres et ainsi, par suite, dans leur rapport au travail. D’autre part, ils ont des difficultés dans l’acquisition de compétences communicationnelles essentielles dans notre cours. Bien entendu, ces deux dimensions (existentielle et cognitive) sont liées. Nous avons donc mis sur pied un dispositif en classe, permettant aux élèves de partager leurs centres d’intérêt personnels et d’échanger à propos de ces derniers en utilisant les outils de la Discussion à Visée Philosophique (DVP). Le dispositif a été expérimenté avec deux groupes distincts, pendant une période de deux mois et demi, durant nos cours de français. Nous qualifions ce travail de recherche-action du fait de notre implication dans la problématique en question : outre le fait d’observer une réalité et l’efficacité d’un dispositif, il nous a importé de changer les choses pour nos élèves et de parvenir avec eux à les faire évoluer par rapport à leurs difficultés. Nous avions donc comme tâche de fabriquer le dispositif, d’en observer les effets, de le faire évoluer en cours de route en fonction des problèmes rencontrés… Dans notre travail, nous nous sommes basée sur de multiples travaux mais les deux influences majeures qui nous ont permis de mettre des mots sur la réalité de notre expérience sont Johanna Hawken et Michel Tozzi. La première notamment pour son approche consacrée à l’empathie cognitive renvoyant aux difficultés plus psychologiques des élèves (confiance en eux, en les autres, en l’environnement scolaire) et le second pour ses nombreux travaux consacrés à la pratique de la DVP et notamment la distinction qu’il fait dans cet exercice entre des compétences cognitives distinctes : conceptualiser, problématiser, argumenter. Notre matériau empirique est constitué des observations des séances (présentations des centres d’intérêts, DVP proprement dites) et également d’entretiens avec les élèves qui rendent compte de leurs difficultés mais aussi de l’évolution de leur vécu avant et après la mise en œuvre du dispositif. Au terme de notre recherche, il ressort que les élèves ont gagné en aisance dans leurs rapports mutuels, qu’ils sont plus à l’écoute les uns des autres et plus aptes à faire face à des opinions divergentes de la leur.