Qu’en est-il de la résilience parentale des mères en situation de migration lors de la période postnatale ?
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- Comme décrit dans de nombreux travaux en clinique transculturelle, la migration est un phénomène qui peut être lui-même traumatique et fragilisant. A l'échelle mondiale, environ la moitié de la population migrante se compose de femmes. Bien souvent, ces femmes vivent deux expériences fondatrices presque simultanément : celles de la migration et celle de la maternité. La littérature reconnait que l’accès à la maternité est une période de grande vulnérabilité psychologique, en raison des nombreux changements, tant sur le plan physique, relationnel qu’intrapsychique, qui caractérisent cette période. Ces mères sont ainsi plus à risque de problèmes de santé mentale car elles vivent simultanément les difficultés de la migration et du fait de devenir mère. Afin d’évaluer leur résilience globale et parentale ainsi que le lien entre le stress d’acculturation, le stress parental et le soutien social, une étude mixte a été conduite auprès de dix femmes devenues mères après avoir migré à Bruxelles. Cette étude à la fois quantitative menée par des questionnaires ciblés sur ces différentes variables a été complétée par une étude qualitative via des entretiens semi-directifs afin de tenter de répondre à la question de recherche suivante : « Qu’en est-il de la résilience parentale des mères en situation de migration lors de la période postnatale ? ». Par ailleurs, différentes hypothèses ont également guidées notre recherche et sont les suivantes : o Les mères en situation de migration font preuve de résilience globale et de résilience parentale (parentalité positive). o Le stress parental et le stress d’acculturation sont tous deux associés négativement à la résilience parentale, c’est-à-dire qu’un niveau élevé de stress parental et de stress d’acculturation est associé à un niveau faible de résilience parentale. o Le soutien social est associé positivement à la résilience parentale c’est-à-dire qu’un niveau élevé de soutien social est associé à un niveau élevé de résilience parentale. Suite à notre recherche, nous avons pu constater que les mères interrogées ont un niveau élevé de résilience, avec un score moyen de 3.30 (SD=0.483) sur une échelle de Likert à 4 points, ainsi qu’un niveau élevé de parentalité positive avec un score moyen 4.80 (SD=0.422), sur une échelle à 5 points. Par ailleurs, nous avons également constaté une corrélation significative entre le score total du soutien social et celui du stress parental (r = - 0.74 , p= 0.01), ainsi qu’une corrélation significative entre le score total de la parentalité positive et la résilience (r = 0.76 , p = 0.01). Par contre, il y a une absence de corrélation significative entre le stress parental et la résilience parentale, entre le stress d’acculturation et la résilience parentale ainsi qu’entre le soutien social et la résilience parentale. En effet ce qui résulte de notre recherche est que les mères interrogées ont effectivement une résilience globale et parentale élevée. Et pour ce faire, elles peuvent faire appel à différents facteurs de protections : des facteurs interne (la positivité, la sociabilité, l’optimisme, l’espoir, les forces individuelles), des facteurs externes dans l'environnement individuel ou familial (soutien des membres de la famille, des amis à la fois localement et au niveau transnational) et des facteurs institutionnels (les services de santé, les centres de services sociaux). Ces facteurs représentent de nombreuses sources de soutien, qui permettent à nos participantes de ressentir un stress parental peu élevé.