Avortement : corps médical et corps des femmes, une question d’engagement féministe ?
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- *** Prix du mémoire-stage décerné en 2021 par le Comité femmes et sciences *** Ce mémoire-stage a pour objet l’engagement féministe de médecins pratiquant l’avortement. Au travers d’une enquête qualitative basée sur la méthode des entretiens avec des médecins travaillant en centres de planning familial (CPF) affiliés à la Fédération Laïque de Centres de Planning Familial (FLCPF) où le stage s’est déroulé, ce travail se propose de tenter de cerner leurs trajectoires pour dégager des pistes d’analyse au sujet de leur engagement. La problématique est définie comme suit : comment certain·es médecins choisissent-ils·elles de pratiquer des avortements ? Dans quelle mesure considèrent-ils·elles leur pratique comme une forme d’engagement féministe ? Ces questions sont étudiées au prisme du genre car il s’agit ici questionner le contrôle social des capacités reproductives des femmes, autorisé précisément par les rapports sociaux de sexe, ainsi que les mécanismes de stigmatisation qui y sont liés. Un premier chapitre de contextualisation retraçant les origines militantes du secteur du planning familial en Belgique ainsi que l’implication des médecins dans la lutte pour la dépénalisation de l’avortement montre comment la légalisation de l’acte médical s’accompagne d’une médicalisation de la pratique. Le deuxième chapitre permet de cerner le cadre théorique et méthodologique dans lequel s’inscrit cette étude. Le troisième chapitre est, quant à lui, consacré à l’analyse des données récoltées en entretien avec les médecins. Pour répondre aux questions de recherche, l’engagement a été interrogé à l’aune de six critères identifiés comme pertinents : la génération politique, la socialisation universitaire puis professionnelle, la pratique, le registre de l’action militante et les motivations exprimées par les enquêté·es. Cette étude peut conclure à un continuum de l’engagement, allant de la simple pratique à un prolongement vers le militantisme qui peut s’incarner dans un répertoire d’actions variées. Il ressort des entretiens la nécessité d’engagement dans un contexte de stigmatisation de l’avortement, et plus précisément de dévalorisation d’une pratique médicale. Il apparaît en définitive que l’engagement féministe, qui suppose une réduction du contrôle normatif sur les corps des femmes et sur leur vie sexuelle et reproductive, ne dit pas forcément son nom mais est identifiable dans les pratiques des enquêté·es.