Lecture et voies visuelles : étude du rôle de la voie magnocellulaire dans la dyslexie et les erreurs miroirs
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- La dyslexie est un trouble persistant de la lecture qui, après plus de 100 ans de recherches, fait encore l’objet de nombreux débats. Dans le cadre de ce mémoire, nous nous intéressons à deux d’entre eux. Le premier concerne la théorie selon laquelle un déficit de la voie magnocellulaire (soit l’une des deux voies de traitement principales du système visuel) pourrait être l’une des causes possibles de la dyslexie. Le second concerne l’idée très répandue selon laquelle les personnes dyslexiques présenteraient une difficulté particulière à discriminer des lettres miroirs (p.ex., « b » et « d »). Au travers de notre étude, nous explorons aussi le lien fonctionnel qu’il pourrait y avoir entre ces deux champs de recherche (autrement dit, le rôle de la voie magnocellulaire dans la capacité des personnes dyslexiques à discriminer des stimuli miroirs). Pour ce faire, nous analysons les résultats de neuf adultes dyslexiques ainsi que de 31 adultes contrôles à quatre tâches censées recruter sélectivement la voie magnocellulaire. Nous évaluons également leur capacité à discriminer des stimuli miroirs via deux tâches : une tâche de discrimination de lettres impliquant des lettres miroirs et une tâche de jugement « égal-différent » sur l’orientation de formes géométriques. Nos résultats suggèrent la présence d’un déficit (ou d’un fonctionnement réduit) de la voie magnocellulaire chez au moins deux participants dyslexiques ainsi qu’une difficulté générale des personnes dyslexiques (par rapport au groupe contrôle) à discriminer différents changements d’orientation sur des stimuli 2D. En outre, ils semblent indiquer un lien entre le fonctionnement de la voie magnocellulaire et la capacité des participants à percevoir l’orientation de stimuli 2D. Notre étude apporte donc des preuves supplémentaires de l’existence d’un lien entre la voie magnocellulaire et la dyslexie. Bien que nos résultats ne permettent pas de répondre clairement à la question du lien entre la voie magnocellulaire et les erreurs miroirs dans la dyslexie, ils encouragent tout de même à poursuivre cette investigation et fournissent des pistes pour la réalisation d’études ultérieures sur le sujet.