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L'art de la mémoire

(2021)

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Nous souhaitons tous finir nos jours de manière la plus paisible possible et ne pas succomber à l’oubli. Mais à l’heure actuelle, cette pensée semble interrompue par la vision des cimetières d’aujourd’hui. Exclure les cimetières en dehors des villes, loin du monde urbain, fait de ces lieux, ayant déjà des images négatives, des lieux qui ne peuvent se nourrir de la vitalité de la ville. S’oublier, flâner et s’évader, sont des termes primordiaux au sens spirituel vis-à-vis de la mort à mon sens. Finalement, qu’est-ce que la mort, qu’est-ce que mourir ? Et inversement, qu’est-ce que la vie, qu’est-ce que vivre ? Ces questions de base sur lesquelles se construit l’avis et la vision de chacun concernant le sommeil final nous permet, d’imaginer une alternative plus utopique, plus artistique et plus douce des lieux de deuils, tel que les cimetières, les jardins de souvenirs afin d’apaiser et de rassurer les futures familles en deuil. Le projet de la chaîne de mémoire s’implantera au coeur de la ville de Lens. L’histoire de la ville, les corons, viendront marquer cette balade de la mémoire tout en apportant un aspect de collectivité et d’accompagnement nécessaire lors du processus du deuil. Lors de cérémonie un arbre sera planté symbolisant un défunt, le cimetière de la cité sera alors lieu végétal constituer par les morts. L’eau, un élément propice au recueillement et à la médiation prendra place dans le projet. Un centre culturel et cultuel sera intégré à la chaîne de la mémoire dans lequel un parcours sensible sera mis en place pour accompagner le deuil. L’hybridité du lieu ainsi que l’approche polyvalente et pluridisciplinaire, permettra à chacun de mener une vie active parmi les morts, et inversement : aux morts de se reposer plus aisé- ment. Ce lieu de mémoire assorti d’un développement culturel et artistique deviendra alors un espace intemporel permettant d’enjoliver et d’oublier l’image austère des cimetières passés. Le monde actuel ne cesse d’évoluer et en évoluant fait disparaitre tant de choses si rapidement. L’architecture permet quant à elle, d’ancrer ces disparus, et de les inscrire dans le patrimoine et le territoire. Le cimetière ne devrait-il donc pas être perçu comme un lieu de vie des souvenirs et non comme un lieu oublié ? Il témoigne et rend visible ceux qui sont partis, passés, disparus ...