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Ramousi_00651101_2021.pdf
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- La pensée musulmane contemporaine souffre d’un monopole de l’absolu abstrait entretenu d’une part par le formalisme des docteurs de la Loi. Et d’autre part, par l’occultation de la complexité du patrimoine réflexif musulman du fait des mouvements politico-religieux récents qui ont contribué à la marginalisation de la pensée. Dans ce travail, j’ai tenté de montrer comment l’idéalisme permet d’éviter le dogmatisme et le littéralisme à travers une réflexion quant au rapport entre l’absolu et le besoin de formes. Hegel formule une critique de l’islam et invite ses penseurs à se méfier d’une visée de l’absolu sans médiation car cela s’apparente à une pensée abstraite d’un absolu indéterminé. Corrélativement, le maintien d’un tel absolu, indéterminé, tiendrait dans la destruction du déterminé. Cette abstraction absolue ne laisse pas d’espace à la relativisation, elle conduit à la désubjectivation. Aussi, par la lecture des philosophies de Fichte et Hegel notamment, nous menons une réflexion sur le corps donateur de déterminité, en tant qu’il est le point de départ du rite et lieu d’une autoposition, d’une détermination. Cela octroie de la subjectivité, de la déterminité dans la mesure où cette posture constitue une conquête du monde réel comme détermination toujours plus grande et donatrice de causalité et de liberté. La tradition rationaliste mu’tazilite peut trouver dans la philosophie kantienne un lieu de pensée qui confère aussi à la raison la tâche de validation intellectuelle qui refuse de se laisser « perdre » dans l’ « illusion » de l’absolu objectivement insuffisant. L’islam majoritaire, en l’occurrence l’acharisme et le maturidisme pourrait être actualisé, lui qui distingue le Coran de l’absolu. Le Coran serait envisagé comme expression du divin, sous une forme existentiale. Sur un mode existentiel, le Coran pourrait être considéré comme le plus haut degré de l’existence sans atteindre l’absoluité.