Pourquoi certains parents acceptent-ils de payer pour l’éducation de leur enfant dans un système scolaire au sein duquel l’enseignement est obligatoire et gratuit ?
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- Le choix scolaire des parents est un sujet classique, largement abordé dans la littérature scientifique. Néanmoins, peu d’études francophones ont pu nous renseigner sur les facteurs décisionnels déterminants qui concernent le choix d’une école fondamentale en région bruxelloise. Si notre système éducatif est caractérisé par un quasi-marché dont le principe est le libre-choix des parents (Legrand et Bertelett), sur le terrain, cette liberté peut se révéler un vrai casse-tête pour tous les parents, indépendamment de leur niveau socio-économique. Afin de délimiter notre objet d’étude, nous nous sommes intéressées aux parents qui, malgré un financement identique pour toutes les écoles publiques, fixé au prorata du nombre d’élèves inscrits, ont décidé de payer des cotisations supplémentaires pour accroître les ressources que l’école consacre à leurs enfants. Nous nous appuyons sur les travaux de van Zanten (2009) pour analyser le comportement des différents groupes sociaux. Le concept de capital de Bourdieu nous permet de comprendre les pratiques des parents. Cette recherche a pour objectif de répondre à une question : « Pourquoi certains parents acceptent-ils de payer pour l’éducation de leur enfant, dans un système scolaire dans lequel l’enseignement est obligatoire et gratuit ? ». Dans une démarche exploratoire, nous avons mené des entretiens semi-directifs auprès de vingt-six parents d’élèves issus de six écoles. Nous avons proposé un partage de notre échantillon en deux groupes distincts, deux sous-populations, en fonction des origines socio-culturelles. Nous avons ainsi pu mettre en évidence des divergences et des convergences entre les parents, sur base de leurs objectifs par rapport à la scolarité de leurs enfants. L’analyse des entretiens met également en évidence le fait que les capitaux économiques et sociaux des familles jouent un rôle tout aussi important que le capital culturel, dans la perspective d’une mobilité ou d’une reproduction sociale par le biais de l’école. Le recours à une méthode qualitative nous permet également de postuler que les parents ont des visées sociales qui se traduisent, pour les uns, par un évitement des écoles composées de familles dont les pratiques éducatives sont différentes des leurs ou éloignées de la culture scolaire et, pour les autres, par la recherche d’un cadre permettant une socialisation informelle, dans le but de travailler l’habitus et d’orienter de manière précoce les goûts et la mentalité des enfants. Enfin, dans un climat de concurrence et de lutte pour le bien éducatif, tous les parents visent évidemment la réussite de leur enfant. Néanmoins, en fonction de leur propre parcours scolaire, de leur vécu dans le marché de l’emploi et de bien d’autres paramètres, les moyens mis en œuvre pour parvenir à la réussite et la définition qu’ils en donnent ne sont pas les mêmes.
Citations
Benabdellah, A., & Ben Haddou El Khattabi, T. (2020). Pourquoi certains parents acceptent-ils de payer pour l’éducation de leur enfant dans un système scolaire au sein duquel l’enseignement est obligatoire et gratuit ? https://dial-mem.test.bib.ucl.ac.be/handle/2078.2/22696