Elaboration d’un canevas d’analyse de productions orales : se savoir enregistré impacte-t-il la fluence des locuteurs qui bégaient et des locuteurs normo-fluents ?
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- À l’heure actuelle, le bégaiement demeure un trouble très mystérieux et complexe. De nombreux chercheurs tentent de le définir et d’en connaitre les causes. Malgré de nombreuses hypothèses avancées, plusieurs questions restent encore en suspens. De nombreux chercheurs évaluent le bégaiement par le biais d’une analyse des disfluences. Néanmoins, ils ne catégorisent pas tous les disfluences de la même manière. Pourtant, une classification des disfluences unanime et universellement utilisée va être nécessaire afin d’améliorer la fiabilité inter-juges. Pour cela, en amont, un accord concernant la définition du bégaiement va devoir être obtenu. Tant que les chercheurs utiliseront des définitions et méthodes différentes, cela restera compliqué d’obtenir une fiabilité élevée. Par la présente étude, nous avons exposé les diverses méthodologies proposées par les chercheurs pour récolter, transcrire et analyser des échantillons de parole en tentant de nous positionner face à celles-ci. Un canevas d’analyse de productions a, dès lors, été proposé. Ce dernier a été réalisé en nous basant sur des choix effectués par rapport aux diverses propositions issues du monde de la recherche. Ce canevas nous a servi à analyser des échantillons de parole auprès de 4 personnes qui bégaient et 21 sujets normo-fluents. Des disfluences (normales et de type bégaiement) et indices de fluence (vitesse de parole et vitesse d’articulation) ont pu être calculés à l’aide de celui-ci. Sa fiabilité a ensuite été testée aux moyens d’accords inter-juges afin de déterminer s’il était pertinent de conseiller à des chercheurs de s’y référer. Nos résultats montrent plusieurs différences significatives lorsqu’on compare la fluence des locuteurs lors des deux tâches. Au final, trois grands messages peuvent être retenus : (1) le nombre de disfluences produites avait tendance à augmenter lorsque les participants se savaient filmés (aussi bien les PQB que les CTRL), (2) les profils de PQB sont hétérogènes puisque celles-ci ont présenté des comportements relativement différents et (3) les PQB présentaient une tendance à se comporter différemment des contrôles et celle-ci était davantage marquée pour les disfluences de type bégaiement. Les chercheurs pourraient se baser sur notre classification puisque celle-ci s’est avéré être relativement fiable (environ 70% d’accord parfait). Cependant, ils pourraient davantage préciser les raisons de choisir l’un ou l’autre type précis de disfluence et proposer des séances d’entrainement. Par ailleurs, nous pourrions suggérer aux cliniciens d’enregistrer leurs patients à leur insu afin d’obtenir une évaluation de leur bégaiement plus représentative.