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La politique étrangère américaine au Moyen-Orient face au nouvel ordre eurasien, différence entre l'administration Obama et Trump

(2021)

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Lorsque Brzezinski écrit son livre en 1997, Le Grand échiquier, la guerre froide a pris fin avec une victoire économique, politique, idéologique, scientifique et culturelle des USA sur l’URSS. L’Eurasie dans sa quasi-entièreté devient une zone d’influence des USA, et leur statut de super-puissance n’est pas remis en question. Pour que cela reste ainsi l’ancien conseiller à la sécurité nationale du Président Carter propose une grande stratégie basée sur le contrôle de trois zones qui jouxtent le « heartland » de Mackinder qu’il nomme « espace central » dans lesquelles les USA doivent exercer et continuer à moyen terme d’exercer leur influence jusqu’à la mise sur pied du «système de sécurité transeurasien» en partenariat avec Washington qui permettra à la puissance américaine de se désinvestir petit à petit des affaires eurasiennes sans que ça lui porte préjudice (Brzezinski, 2011, p.252-253) . Ces zones sont l’ouest (Europe), le sud (le Proche et Moyen-Orient) et l’est (l’Extrême-Orient) (voir annexe 1). Cette stratégie à court terme a pour but d’empêcher une intégration géostratégique des puissances eurasiennes qui serait à même de remettre en cause le statut de superpuissance des USA. Aujourd’hui à l’aube de la décennie 2020, cette stratégie est toujours d’application. Mais l’asymétrie des rapports de force s’est modifiée depuis 1997 : les événements du 11 septembre ont montré que les USA étaient vulnérables face à des acteurs bien plus faibles que des Etats nations ; la Russie, nostalgique de sa puissance d’antan, mais surtout la Chine montre des volontés de puissance militaro-économique ; l’image des USA à travers le monde s’est ternie, ils ne peuvent plus utiliser leur soft power aussi efficacement que dans les années nonante… De plus certaines stratégies, telle que le projet chinois de route de la soie, constituent, dans leurs valeurs géopolitiques, des stratégies d’enchevêtrement des puissances eurasiatiques, par l’interdépendance géoéconomique des infrastructures, défiant ainsi le but même de la stratégie proposée par Brzezinski. Dans ce contexte Karaganov conceptualise « un nouvel ordre eurasien » dans ce qu’il appelle « la nouvelle guerre froide » (Karaganov, 2018). A travers l’idée conceptuelle de ce nouvel ordre eurasien il préconise la transformation de l’Eurasie en un espace de développement commun, sous la direction de Moscou et de Beijing (Karaganov, 2018). Il définit cet ordre eurasien de la façon suivante : « Le partenariat ou la communauté de la Grande Eurasie est, avant tout, un cadre conceptuel qui fixe la direction de l'interaction entre les États du continent. Il doit s'engager à promouvoir la renaissance et le développement économique, politique et culturel conjoint de dizaines de pays eurasiens, arriérés ou opprimés dans le passé, et à faire de l'Eurasie le centre économique et politique mondial. » (Karaganov, 2018, p. 90) Avant de se demander si cet ordre eurasien existe réellement, qu’est-ce qui le fait exister dans sa substance ? Quels mécanismes structurants favorisent le fait que des Etats du Moyen-Orient tel que l’Iran, la Turquie et l’Arabie saoudite multiplient les liens de coopération avec la Chine et la Russie ? L’objectif de ce mémoire est de combiner deux approches qui permettent de dévoiler ces liens structurants entre différentes puissances eurasiennes, qui expliquent la déstabilisation de l’influence de Washington au Moyen-Orient, en mettant en parallèle cette perte d’influence avec l’augmentation de celle de Beijing et de Moscou. Il permettra, de plus, d’évaluer la politique étrangère américaine de ces dix dernières années au Moyen-Orient et, par la même occasion, d’approcher ses possibles approches futures. La première approche est celle de Brzezinski dont le modèle géopolitique et les concepts développés dans Le grand échiquier, qui sont traités dans le chapitre 2, créent un cadre théorique pour cette étude. Cette approche va permettre de cibler les Etats qui seront les objets de la recherche, en tant qu’acteurs géostratégiques de premier plan ou régionaux, et d’analyser leurs relations bilatérales dans l’objectif d’y isoler l’existence de lien structurant matériel d’ordre géostratégique. Chaque relation entre acteur géostratégique dévoile une partie de la structure matérielle eurasienne, elles sont toutes analysées selon deux variables, le caractère interdépendant ou non, et le caractère asymétrique, renvoyant chaque relation entre acteur à deux modalités : relation géostratégique asymétrique en faveur de l’acteur x et relation géostratégique non-asymétrique. Cette première approche, qui permettra d’illustrer le premier lien structurant couvre trois chapitres. D’abord, le chapitre 3 traite des acteurs géostratégiques de premier plan que sont la Chine et la Russie ainsi que des liens géostratégiques qu’ils ont développés entre eux au cours des trente dernières années. Ensuite le chapitre 4 introduit les acteurs géostratégiques régionaux propres aux Moyen-Orient, que sont la Turquie, l’Iran et l’Arabie Saoudite. Enfin le chapitre 5, analyse les relations, prises une par une, entre les acteurs géostratégiques qu’ils soient de premier plan ou régionaux, mis à part la relation russo-chinoise qui est analysée au chapitre 3. La seconde approche est la perspective critico-constructiviste de Bertrand Badie et de son concept d’« humiliation » qu’il conçoit comme pathologie des relations internationales affectant le multilatéralisme. Différents concepts théoriques de cette perspective utiles à la compréhension des décisions de coalitions des acteurs géostratégiques sont introduits dans le chapitre 6. Les textes annexes 1 et 2 constituent un approfondissement de cette théorie et sont des pré-requis pour comprendre dans son ensemble cette perspective badienne. Cette théorie permet d’illustrer une méta-structure de décisions chez les acteurs géostratégiques qui les poussent à s’intégrer davantage dans la structure asymétrique développée à travers l’approche du Grand échiquier. Le chapitre 7 tente de dévoiler cette méta-structure d’humiliation à travers la mobilisation de l’humiliation par les acteurs géostratégiques de premier plan et régionaux. Le chapitre 8, la conclusion, porte sur le fait que ces liens structurants à la fois matériels et métaphysiques, s’ils sont mis en parallèle avec la théorie de Brzezinski dévoilent les différences qualitatives entre la politique étrangère de Barack Obama et de Donald Trump au Moyen-Orient au niveau de leurs rapports avec les acteurs géostratégiques régionaux. Le postulat de cette conclusion de recherche est que les moyens utilisés par les deux présidents diffèrent dans leur impact sur les structures de décision des acteurs régionaux.