Douleur & Espace : mise en évidence d'un codage péripersonnel de la localisation spatiale de stimuli nociceptifs à l'aide de potentiels évoqués
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- L’objectif de ce mémoire est de vérifier l'existence de l'intégration de la nociception et de la douleur dans un cadre de représentation spatiale péripersonnelle c'est-à-dire de l’espace extérieur proche du corps. Pour ce faire, la méthode du testing neuropsychologique a été utilisée. Celle-ci a pour but d’évaluer, via un paradigme d'indiçage spatial, les processus de perception spatiale chez les volontaires sains et ceci à l'aide des potentiels évoqués. Il s’agissait de voir si attirer l’attention spatiale sur une partie du corps, à savoir dans la présente étude la main, gauche ou droite, au moyen de stimulations nociceptives appliquées à l’aide d’électrodes, facilite la détection de stimuli visuels (flashs lumineux). L’hypothèse est que les deux types de stimulations font appel à un même cadre de référence spatiale péripersonnelle, c’est-à-dire que le stimulus nociceptif attire l’attention spatiale vers une partie de l'espace extérieur visuel proche de la partie corporelle stimulée et facilite ainsi la détection du stimulus visuel apparaissant proche de la stimulation nociceptive. Une première expérience (Favril, Mouraux, Sambo, & Legrain, 2014) a déjà montré que l'indiçage fonctionnait et qu’attirer l'attention sur une partie spécifique du corps par une stimulation nociceptive attire également l'attention vers une partie de l'espace extérieur visuel à proximité de la partie corporelle stimulée. Il y aurait donc bien, pour ce qui concerne la nociception, interaction entre l'espace corporel et l'espace extérieur. Ce mémoire a cherché à développer de meilleurs arguments pour une telle représentation spatiale péripersonnelle et à montrer que l’interaction entre stimulus nociceptif et stimulus visuel est meilleure dans le cas d’un stimulus visuel proche du corps que dans le cas d’un stimulus visuel éloigné du corps. Il confirme l’existence d’une interaction crossmodale dans l’attention spatiale entre la vision et la nociception entre 150 et 300 ms sur les composantes P2 et N2, antérieures et postérieures. Les stimuli nociceptifs sont donc capables d’orienter l’attention dans l’espace péripersonnel. Il a également mis en évidence de légers effets de distance entre 150 et 250 ms sur les composantes P2 et N2 postérieures. L’effet obtenu étant plus précoce et de plus grande amplitude lors des stimulations proches.