STIGMATISATION ET INVISIBILISATION DE LA FEMME ASIATIQUE : ÉTUDE DE L’HÉROÏNE CYBORG DES FILMS GHOST IN THE SHELL (2017) ET ALITA BATTLE ANGEL (2019). Analyse intersectionnelle et prisme de genre.
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- Les femmes asiatiques sont aujourd’hui encore peu présentes au sein du paysage culturel et cinématographique occidental. Une non-considération, voire une absence, qui se traduit aussi bien au niveau de la réalisation (création, production, etc.), qu’au niveau de la réception spectatorielle (invisibilisation, stigmatisation, etc.). En partant de ce constat, le mémoire qui en découle s’intéresse à la représentation cinématographique de deux héroïnes de blockbusters hollywoodiens contemporains : le Major dans Ghost in the Shell (Rupert Sanders, Paramount Pictures, 2017) et Alita de Alita Battle Angel (Robert Rodriguez, 20th Century Fox, 2019). L’étude de ces deux héroïnes cyborgs, originaires de la culture japonaise, souhaite découvrir et révéler les éventuels stéréotypes culturels, ainsi que les rapports de domination intersectionnels (race, genre et classe) que pourraient potentiellement subir ces héroïnes au travers de la narration ou de leurs esthétiques. Des figures allégoriques, reflets de significations et de normes réelles qui assujettissent les femmes assignées « asiatiques » dans les sociétés occidentales actuelles. Chacune des héroïnes retenues matérialise donc une prémisse de réponse à cette question. La première, le Major de Ghost in the Shell, avance l’hypothèse d’une invisibilisation de l’identité de la femme « asiatique » via le mécanisme de whitewashing. Quant à la seconde, Alita de Alita Battle Angel, elle postule une stigmatisation de son identité de femme initialement « asiatique ». Pour examiner ces postulats de recherche, la grille méthodologique qui en ressort se base sur trois concepts-clés : la figure ou mythe du cyborg de Donna Haraway, la performativité du genre de Judith Butler et enfin l’intersectionnalité de Kimberlé Crenshaw. Enfin la conclusion à cette problématique ne se vérifie pas entièrement. En effet pour pouvoir constater des rapports de domination concomitants, il faut pouvoir reconnaître et visibiliser l’identité ethnique du sujet originel. Deux héroïnes qui, de par leurs réinterprétations hollywoodiennes et sous le couvert de l’adaptation culturelle (live-action), ont en fait été occidentalisées, universalisées, et de ce fait effectivement invisibilisées dans leurs racines de personnages « asiatiques ».