Effet de la pression de performance sur l’efficacité de l’imagerie motrice Etude des interactions entre pression de performance, direction de l’anxiété, intervention d’imagerie et aptitude à l’imagerie kinesthésique dans une tâche de putting de golf chez des joueurs débutants
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- Introduction : le domaine du sport est marqué par la présence considérable de facteurs d’induction de pression (Baumeister, 1984). Cette pression de performance a par ailleurs, la faculté d’améliorer (Otten, 2009) ou de détériorer (Cooke et al., 2011) les performances. Une majorité des théories expliquent cette détérioration en condition de pression par la distraction que les sentiments d’anxiété interprétés comme handicapants déclenchent (Eysenck et Calov, 1992 ; Eysenck et al., 2007 ; Eysenck et Wilson, 2016 ; Nieuwenhuys et Oudejans, 2011). L’imagerie motrice quant à elle est une technique fréquemment utilisée dans le domaine du sport en vue d’améliorer les performances (Short et al., 2002). L’efficacité des interventions d’imagerie se trouve notamment influencée par l’aptitude à l’imagerie kinesthésique qui va déterminer son contenu et la vivacité des images générées (Cumming et Williams, 2012). L’efficacité de cette intervention semble également influencée par des facteurs contextuels. Par exemple, Hohman et al. (2016) ont démontré que des distracteurs auditifs perturbaient son efficacité. Objectif : l’objectif de cette étude est d’investiguer la relation entre la pression de performance, la direction de l’anxiété, l’imagerie et l’aptitude à l’imagerie. Nous cherchons principalement à établir quelle influence la condition de pression exercera sur l’intervention d’imagerie. Méthode : quatre-vingt-un participants ayant de bonnes aptitudes à l’imagerie ont réalisé une tâche de putting de golf, sport dans lequel ils étaient novices. Les participants étaient séparés en deux groupes. Le premier groupe recevait une intervention d’imagerie contrairement au deuxième groupe. Tous les participants ont réalisé une première séance d’entrainement et ont rempli un questionnaire d’évaluation de leur niveau d’aptitude à l’imagerie visuelle interne, visuelle externe et kinesthésique. Ils ont ensuite réalisé la même tâche de putting en condition de pression de performance et en condition contrôle. Résultats : les participants ont tendance à obtenir de meilleures performances et à interpréter leur symptômes d’anxiété dans une direction handicapante en condition de pression. Les sujets du groupe imagerie ayant une faible aptitude à l’imagerie kinesthésique ont tendance à mieux performer. Aucune interaction entre les conditions de pression et l’intervention d’imagerie n’est observé. De même, aucun effet simple de l’intervention de l’imagerie n’est relevé. Conclusions : la coïncidence d’une amélioration des performances et d’une direction handicapante des symptômes d’anxiété ne fait pas écho à la littérature. Ces résultats peuvent néanmoins être expliqués par la limite principale de notre étude que représente notre échantillon. Le lien entre les sujets constituant l’échantillon et les expérimentatrices a en effet pu mener à un effet de support social (Rees et Hardy, 2004 ; Rees et al., 2007) ayant influencé les performances malgré une interprétation handicapante des symptômes d’anxiété. En outre, l’intervention d’imagerie n’a pas eu les effets espérés. Des modifications méthodologiques sont ainsi proposées dans ce travail en vue d’améliorer ses effets.