Les stéréotypes criminels : le modèle 2D de l’évaluation faciale influence-t-il l’association entre visages et crimes ?
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- Dans le modèle 2D de l’évaluation faciale présenté par Oosterhof et Todorov (2008), la confiance et la dominance sont les deux dimensions par lesquelles nous évaluons les visages. La dimension de confiance, indiquée par l’expression émotionnelle, répondrait à la question : « Est-ce que l’autre personne a l’intention de me blesser ou de m’aider ? », alors que la dimension de dominance répondrait à la question : « Est-ce que l’autre a la capacité de mettre en oeuvre son intention ? ». Flowe (2012) a voulu tester si ce modèle était applicable à la perception de criminalité des visages. Ses résultats nous indiquent qu’une personne peu digne de confiance et fort dominante est perçue plus criminelle. Dans la lignée de ces études, nous avons testé si le lien entre confiance, dominance et apparence criminelle ne variait pas en fonction du type de crime envisagé. Pour ce faire, nous avons émis l’hypothèse que les personnes possédant un visage dominant seraient jugées plus coupables pour les crimes de type col blanc et que, inversement, les personnes possédant un visage peu dominant seraient jugées plus coupables pour un crime de type col bleu. Nous postulions également que les personnes possédant un visage digne de confiance seraient jugées plus coupables pour une atteinte aux biens et, inversement, les personnes possédant un visage non digne de confiance seraient jugées plus coupables pour une atteinte à la personne. Nos résultats n’ont pas confirmé cette hypothèse mais ont révélé d’autres éléments intéressants. En effet, d’autres éléments ont été étudiés dans ce travail tels que les perceptions de confiance, de dominance et de compétence, mais aussi le lien entre, d’une part, les perceptions de criminalité, de menace et d’agressivité et, d’autre part, les scores de culpabilité. Le chevauchement des concepts de criminalité et de menace, les émotions des participants ainsi que la possibilité de différences de perception entre les personnes ayant déjà été victimes de crime ou non sont également explorés. Bien que les associations attendues entre les visages et les crimes ne se sont pas révélées concluantes, nous avons observé que l’influence du type d’infraction revêt une importance capitale, tant en ce qui concerne les jugements que les perceptions du suspect ; nous avons également observé que le type d’infraction fait varier la façon dont certains concepts se chevauchent.