Implication des mémoires implicite et explicite dans le développement lexical
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- Comme beaucoup le savent, les enfants présentent des facilités pour développer le langage par rapport aux adultes. Le but de notre recherche est de démontrer que différents mécanismes mnésiques d’apprentissage (i. e. explicite vs. implicite) peuvent expliquer l’effet de l’âge dans l’acquisition lexicale. Dans notre étude, nous avons comparé les capacités d’apprentissage et d’intégration lexicale de nouveaux mots-formes d’un groupe d’enfants (i.e. 6ème primaire) à celles d’adultes (i.e. 25-55 ans). Dans un premier temps, des séquences de neuf syllabes étaient présentées aux participants dans une tâche de rappel sériel immédiat (i.e. tâche de Hebb). Parmi celles-ci, deux séquences étaient répétées plusieurs fois au long de la tâche ; une où la répétition, et par conséquent l’apprentissage de la séquence, étaient avertis (i.e. condition explicite) et l’autre pas (i.e. condition implicite). Dans un second temps, les participants ont réalisé une tâche de détection de pauses au sein de mots-bases (et de mots contrôles). Les mots-bases (ex. tabouret) correspondent aux mots étant des voisins phonologiques des mots-formes (ex. tabouro) rencontrés dans l’apprentissage de Hebb. Cette tâche avait pour but d’évaluer une éventuelle compétition lexicale des mots-bases avec les nouveaux mots-formes appris lors de la tâche de Hebb. Cette compétition est un signe de lexicalisation. Cette seconde tâche a eu lieu directement après celle de Hebb ainsi qu’une semaine plus tard. Cela nous a permis d’évaluer si la lexicalisation s’observe (immédiatement vs. une semaine plus tard) et si le type d’apprentissage (i.e. implicite vs. explicite) et le groupe d’âge (i.e. enfants vs. adultes) influencent celle-ci. Pour l’apprentissage de Hebb, la présente étude a mis en évidence que les adultes ont mieux appris que les enfants indépendamment de la condition. Pour la tâche de détection de pauses, en accord avec nos prédictions, nous avons remarqué que les adultes n’ont pas encodé en mémoire à long terme les mots-formes appris explicitement. Par contre, cela a été observé une semaine plus tard pour les mots-formes appris implicitement. D’autre part, contrairement à nos prédictions, les enfants n’ont montré aucun effet de lexicalisation, indépendamment du type d’apprentissage et du moment de passation de la tâche. Pour conclure, cette étude a mis en exergue que l’apprentissage lexical pour les adultes pourrait se faire via un enseignement explicite mais qu’il serait également intéressant de stimuler leur apprentissage implicitement (ex. immersion) afin de consolider leur acquisition lexicale à long terme. En ce qui concerne les enfants, cette étude ne nous a pas permis de confirmer l’hypothèse selon laquelle les processus mnésiques peuvent expliquer leur avantage dans le développement lexical par rapport aux adultes. A l’avenir, il serait donc intéressant d’investiguer les conditions nécessaires et suffisantes pour la mise en évidence des capacités réelles d’apprentissage lexical des enfants.