Comparaison numérique et attention: Mise à l'épreuve du rôle fonctionnel de la programmation oculomotrice dans la réalisation de comparaisons numériques à l'aide du paradigme d'abduction oculaire.
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- Les mouvements des yeux observés lors du traitement de la cognition numérique ont longtemps été considérés comme un épiphénomène. La découverte de l’association entre nombre et espace avec l’hypothèse de la ligne numérique mentale (Dehaene, 1992) a mené à s’interroger sur l’existence d’un lien fonctionnel entre le traitement de la magnitude numérique et les mouvements des yeux. C’est dans ce cadre que nous avons mené notre étude dans l’objectif de déterminer si la programmation oculomotrice peut avoir un rôle fonctionnel dans la réalisation de comparaisons numériques. Nous avons ainsi fait passer deux expériences à 30 participants tous étudiants. Ces deux expériences s’appuient sur deux paradigmes : le paradigme de détection de cibles et le paradigme d’abduction oculaire. La première expérience avait pour objectif de tenter de répliquer les effets de l’abduction oculaire à l’aide d’une tâche de détection de cibles de manière exogène tandis que la deuxième avait pour objectif de mettre à l’épreuve le rôle fonctionnel de la programmation de saccades oculaires dans la réalisation de comparaisons numériques à l’aide du paradigme d’abduction oculaire. Nos résultats ne montrent pas que le fait de bloquer le regard des participants en abduction ait eu un impact sur la réalisation de comparaisons numériques et la détection de cibles. Les mécanismes oculaires ne semblent donc à première vue pas nécessaires à la réalisation de comparaisons numériques. Cela nous mène à nous interroger avec prudence sur la possibilité que le traitement de la magnitude numérique soit indépendant des mouvements oculaires et de leur programmation. Les résultats de la tâche de détection de cibles viennent compléter cette interprétation en ajoutant que le traitement de la magnitude numérique pourrait s’appuyer en réalité sur des processus purement attentionnels.