Le "faire famille à distance": identité et trajectoire des familles arméniennes en Belgique.
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- Le présent travail produit aux termes de nos études de Master en sciences de la famille, du couple et de la sexualité, porte sur le thème « Le faire famille à distance : Identité et trajectoire des familles arméniennes en Belgique ». En effet, depuis plus d’un siècle, le peuple arménien a été constamment poussé sur la route de l’exil : 1) lors de la guerre d’annexion qui l’avait opposé à la Turquie entre 1915-1916 ; 2) après la chute de l’URSS et le conflit frontalier qui l’avait opposé à l’Azerbaïdjan dans les années 1990 ; 3) et récemment, en 2008, lors des troubles politiques internes. À ces différents moments, des vagues d’immigrés arméniens se sont dispersées en Europe et aux États-Unis, à la fois pour des motifs de guerre, politiques et économiques. Lors de ces déplacements, bien des familles se sont retrouvées dans des lieux variés de résidence. D’où la question de recherche posée est de savoir : Comment les familles d’immigrés arméniens installées en Belgique parviennent-elles à maintenir leur identité et les liens avec leurs proches malgré la distance ? Cette question principale a été déclinée en plusieurs questions spécifiques. Cette recherche a été purement qualitative et menée suivant l’approche de récit de vie et la méthode d’analyse du discours. À la suite de l’analyse des données collectées dans dix familles arméniennes, à Bruxelles et à Anvers, et auprès du Prêtre de l’Église arménienne de Belgique, trois constatations fortes se dégagent : 1. il existe réellement un esprit d’identité culturelle arménienne chez les immigrés que nous avons rencontrés ; ce qui fait que, où qu’ils se trouvent, se considèrent d’abord comme Arméniens et le traduisent dans leurs actes et dans leur langage ; 2. les personnes prennent la décision de partir de leur pays lorsque la situation économique, sociale ou politique les y contraint et elles sont prêtes à braver toutes difficultés pour retrouver une vie sereine et meilleure à celle d’avant ; 3. le maintien des contacts physiques fréquents entre les différents membres d’une même famille multi-situés en fonction de la régularité administrative du séjour de ceux qui sont partis. Toutefois, les méthodes modernes de communication permettent d’assurer la permanence des relations familiales, seules des pressions diverses, venant des proches, en constituent la limite. Ce travail aboutit à la conclusion que les Arméniens que nous avons rencontrés se sentent à la fois de là-bas et d’ici : ils posent, en Belgique, des actes de continuité de leur identité arménienne, mais ont aussi, vis-à-vis de leur société d’accueil, un discours fortement empreint de reconnaissances. « À travers l'élaboration d'un lien communautaire, les Arméniens tissent un espace social aux frontières malléables qui permettent à la fois la mobilisation des ressources symboliques et des savoir-faire acquis dans la société d'accueil » (Hovanessian, 1994). La présente recherche fait un apport aux débats théoriques en ce qui concerne : la question de la migration internationale, celle de « faire famille à distance », et celle de l’identité culturelle des Arméniens de l’extérieur.