Les comportements sexuels à évaluation délicate chez la personne déficiente intellectuelle adulte en service résidentiel : de la gestion du risque à la gestion du doute.
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- L’objectif de cet écrit est de découvrir et comprendre la manière dont s’effectuent actuellement les prises en charge de comportements à caractère sexuel inadaptés de la personne déficiente intellectuelle adulte dans un contexte institutionnel. Quelles sont actuellement les représentations des professionnels sur ces situations à l’heure où l’on considère comme acquis le droit de la personne en situation de handicap à une Vie Relationnelle Affective et Sexuelle (VRAS) ? Y a-t-il une politique préventive de l’abus sexuel en institution mais également une réflexion concernant des prises en charge cliniques spécifiques des personnes déficientes intellectuelles avec comportements sexuels dits déviants ? La sexualité d’une personne avec déficience intellectuelle est décodée avec nos filtres habituels de personne dite normale. Dans la volonté de la normalisation de la sexualité de la personne déficiente intellectuelle, la gestion des problématiques sexuelles actuelle est ainsi plutôt de type gestion de risque. Dès lors, dans un contexte institutionnel, la gestion des comportements sexuels considérés comme inadaptés de la personne avec déficience intellectuelle peut-elle être facilitée et évaluée plus objectivement par la mise en place d’une évaluation clinique du consentement et par une typologie des comportements sexuels à évaluation délicate ? Cette étude exploratoire est qualitative. Au travers d’entretiens semi-directifs de professionnels de terrain il s’agit de trouver les points communs entre les situations présentées et d’évaluer leur prise en charge à partir de concepts tels que la capacité à un consentement sexuel limité, le comportement sexuel responsable démontré et l’hypothèse de la deviance contrefaite. Nous pouvons ainsi conclure que les évaluations au sein des services existent, du moins dans les services qui ont développé une solide culture et une pratique de la vie affective relationnelle et sexuelle. Ces évaluations restent peu élaborées méthodologiquement. Les services, en s’appropriant les théories actuelles concernant la question des comportements sexuels à évaluation délicate pourraient passer d’une gestion du risque à une gestion du doute, ce qui serait une avancée pour l’application des droits sexuels de la personne déficiente intellectuelle.