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François_70871300_2018.pdf
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- Le phénomène d’adaptation a été décrit pour la 1ère fois par Robbert Addams en 1834 à la suite de l’observation d’une cascade. En effet, après avoir contemplé pendant quelques secondes l’eau qui descendait sur la falaise, il a ressenti un mouvement ascendant de la roche, un mouvement opposé au mouvement de l’eau qui descendait (Thompson & Burr, 2009). Dans le domaine des nombres, ce phénomène d’adaptation comprend deux phases : la phase d’adaptation (souvent lente ou rapide) et la phase de test à la suite de laquelle le participant doit estimer le nombre de stimulations ressenties. Les récentes publications concernant l’adaptation de numérosités se sont concentrées sur l’adaptation visuelle, auditive et sur la réalisation d’une action. Ces différentes modalités activent par défaut l’espace externe. Il n’est donc pas étonnant que l’adaptation réalisée avec ces modalités sensorielles active l’espace externe. Le but de notre étude était de réaliser une adaptation tactile, stimulation faisant référence au corps et à l’espace interne pour observer quel espace s’active lors de l’estimation de nombres. Un deuxième objectif était d’investiguer l’éventuelle sélectivité spatiale de ces effets d’adaptation. Pour cela, 20 participants (11 femmes et 9 hommes) ont été recrutés. Deux étapes constituaient l’expérience. Durant la première (phase d’adaptation) les participants recevaient une stimulation tactile sur le majeur, sous deux conditions différentes : une vitesse d’adaptation lente comportant 1-2 stimulations par seconde et une vitesse d’adaptation rapide où 11-12 stimulations tactiles par seconde étaient effectuées. Une séquence contenant entre 16 et 20 stimulations tactiles était ensuite présentée lors de la phase de test. La tâche des participants consistait à estimer le nombre de stimulations reçues. Les participants devaient réaliser l’expérience dans 2 positions différentes : avec les mains en parallèle ou avec les mains croisées (la main droite sur la main gauche). Les résultats de cette expérience ont révélé que lorsque l’adaptation était réalisée selon une vitesse lente, les participants avaient tendance à surestimer le nombre présenté par la suite. Inversement, lorsque l’adaptation était réalisée de manière rapide, une sous-estimation était observée. Les effets d’adaptation sont observés uniquement sur la main adaptée en position décroisée et sur les deux mains en position croisée. Un transfert de l’effet d’adaptation est donc réalisé entre la main adaptée et la main non-adaptée en position croisée. Ceci permet de conclure qu’une stimulation tactile peut activer l’espace externe et ce, de manière sélective.