L’application du modèle du processus de production du handicap pourrait-elle être bénéfique pour la prise en charge logopédique des enfants présentant des troubles externalisés du comportement ?
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- Ce mémoire a pour objectif d’étudier le modèle du Processus de production du handicap (PPH) dans le contexte d’enfants présentant des troubles externalisés du comportement (TEC). Le PPH, accordant de l’importance à la prise en compte de l’environnement et à la multidisciplinarité des équipes de professionnels, se centre principalement sur les personnes ayant un handicap et vivant des situations de handicap. Sachant que, d’une part, un lien entre les troubles du langage et du comportement est relevé dans la littérature (Roskam, Kinoo & Nassogne, 2007 ; Schelstraete & Brassart, 2015 ; Vân Hoàng, 2014 ; Van Schendel, Schelstraete & Roskam, 2013) et que, d’autre part, les enfants présentant de tels troubles vivent des situations de handicap, notre but est de découvrir si l’application d’un tel modèle pourrait s’avérer bénéfique pour leur prise en charge logopédique. Pour ce faire, nous avons réalisé dix entretiens semi-directifs auprès de professionnels issus de différentes institutions (l’Institut Royal pour Sourds et Aveugles, la Maison Familiale et l’école du Soleil Levant). Les participants de notre étude ont été choisis selon leur profession (une majorité de logopèdes), leur connaissance du PPH (à l’IRSA) et leur vécu avec des enfants présentant des troubles du comportement (à la MF et au SL). Nous avons analysé ces entretiens de manière qualitative grâce à une méthode de codage permettant de faire émerger des notions théoriques à partir du terrain (la « théorie ancrée »). Les résultats de cette analyse ont fait émerger deux catégories principales. Premièrement, le PPH semble pouvoir apporter une amélioration à la pratique professionnelle. Deuxièmement, ce modèle semble pertinent à appliquer avec la population d’enfants présentant des TEC ainsi que dans le domaine de la logopédie. Les propos des professionnels participant à notre étude ont confirmé notre hypothèse avancée sur base de la littérature se référant au PPH, aux TEC et aux liens entre ces derniers et les troubles du langage. L’application d’un modèle tel que celui du PPH semble dès lors intéressante à mettre en place dans une équipe pluridisciplinaire autour d’un enfant présentant des TEC ainsi que des troubles du langage. Tout d’abord, ce modèle permet de n’omettre aucun aspect environnemental susceptible d’influencer les habitudes de vie d’un enfant, celles-ci étant perturbées, mais aussi de favoriser l’inclusion des parents dans le projet personnalisé de l’enfant. De plus, la multidisciplinarité renforcée par ce modèle, grâce à l’instauration d’un langage commun entre professionnels, ne peut être que bénéfique afin de prendre en compte l’enfant dans sa globalité en ne négligeant aucun de ses facteurs personnels (qu’il ait, finalement, une déficience organique ou non) et en accordant davantage d’importance à ses capacités. Finalement, le modèle du PPH étant novateur dans notre pays, il serait intéressant, par la suite, de poursuivre cette étude.