L’impact négatif du manque d’autonomie sur le sentiment d’auto-déshumanisation mécaniste du travailleur et l’effet de modération par la motivation à s’engager dans la tâche
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- La question du bien-être au travail est très étudiée en psychologie. De nombreuses études ont examiné l’impact des conditions de travail sur un large éventail d’indicateurs de bien-être mental et cognitif. Cependant, à notre connaissance, aucune étude n’a encore étudié l’impact des conditions de travail sur le sentiment d’auto-déshumanisation du travailleur, c’est-à-dire sur la dégradation du sens de sa propre humanité. Or, étant données ses conséquences émotionnelles et cognitives, l’auto-déshumanisation pourrait s’avérer être un médiateur intéressant pour relier l’autonomie au travail et ses conséquences tant sur le plan de la santé mentale du travailleur que sur celui de ses performances. En nous référant aux théories de l’auto-détermination (Deci & Ryan, 2000) et de la déshumanisation (Haslam, 2006), nous faisons l'hypothèse que des conditions de travail ne rencontrant pas le besoin psychologique fondamental d’autonomie mènent à l’auto-déshumanisation du travailleur. De plus, conformément à la théorie de l’auto-détermination, nous prédisons également qu’une forte motivation interne à s’engager dans l’activité de travail, tel que l’intérêt intrinsèque pour la tâche, protègera l’individu des effets négatifs du manque d’autonomie sur le sentiment d’auto-déshumanisation, contrairement à une motivation externe, tel que l’intérêt financier à s’engager dans l’activité. Dans une série de trois études, nous avons testé ces hypothèses au moyen d’une nouvelle échelle d’auto-déshumanisation. Dans nos deux premières études, nous avons demandé à des participants d’estimer le degré d’auto-déshumanisation d’un travailleur selon que ses conditions de travail rencontrent ou non son besoin d’autonomie. Conformément à notre première hypothèse, les résultats suggèrent que s’engager dans une activité ne rencontrant pas le besoin fondamental d’autonomie mène à l’auto-déshumanisation du travailleur. En revanche, les résultats de la troisième étude, dans laquelle nous avons manipulé à la fois l’autonomie du travailleur et sa motivation à s’engager dans la tâche, ne montrent pas l’effet protecteur attendu de la motivation à s’engager dans la tâche : lorsque le besoin d’autonomie n’était pas rencontré, les travailleurs étaient perçus par les participants comme étant fortement auto-déshumanisés du point de vue mécaniste, indépendamment de leur motivation. Par contre, lorsque les besoins d’autonomie étaient rencontrés, les travailleurs étaient perçus comme plus auto-déshumanisés du point de vue mécaniste lorsqu’ils étaient motivés extrinsèquement plutôt qu’intrinsèquement. Les implications théoriques et pratiques sont discutées.