La quantification, nouvel antécédent de la déshumanisation organisationnelle ? Un examen des modérateurs, médiateurs et conséquences
Files
Delarue_37111500_2020.pdf
UCLouvain restricted access - Adobe PDF
- 993.38 KB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Dans le contexte organisationnel actuel, les organisations sont soumises à la logique financière et à des techniques de gestion afin de réaliser du profit (Gaulejac, 2009). L’accent est mis sur les résultats et l’humain disparait souvent sous la pression des chiffres. Récemment, les chercheurs ont commencé à s’intéresser à la déshumanisation organisationnelle qui est une perception des employés concernant la mesure dans laquelle ils sont traités comme des êtres humains à part entière par leur organisation (Bell & Khoury, 2011). Les organisations utilisent leurs travailleurs comme des instruments utiles à leurs propres fins. L’objectif de notre étude est d’étendre le réseau nomologique de la déshumanisation organisationnelle en proposant un antécédent encore peu investigué, la quantification (le processus de réduction du travail ou d’un travailleur à des chiffres). De ce fait, la première partie du mémoire est dédiée à l’explication théorique de ces deux concepts et à la présentation de notre modèle de recherche. Nous voulons investiguer la relation entre quantification, déshumanisation organisationnelle et certaines conséquences. Nous postulons que la quantification serait liée positivement à la déshumanisation et que le sentiment de déshumanisation pourrait expliquer ces conséquences (i.e. le stress et la diminution de l’engagement au travail). Nous faisons également l’hypothèse que cette relation pourrait être expliquée par la frustration des besoins. Nous nous intéressons par ailleurs aux rôles modérateurs de la compétitivité, du soutien perçu du supérieur et des collègues dans cette relation. La seconde partie porte sur notre étude menée sur le terrain. Sur base d’un échantillon de 301 travailleurs ayant répondu à notre questionnaire, nous avons réalisé des analyses statistiques qui ont confirmé la plupart de nos hypothèses. La quantification induit un sentiment de déshumanisation qui peut être expliqué partiellement par la frustration des besoins. La déshumanisation organisationnelle explique, par ailleurs, totalement la relation entre quantification et ses conséquences (i.e. l’engagement au travail et le stress). Pour terminer, nous avons passé en revue les limites de notre étude, des pistes pour les recherches futures et des implications.