Dans quelle mesure le programme de parrainage mis en place chez Mydibel, intervient-il dans l’expérience de socialisation organisationnelle des nouveaux ouvriers ?
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- L’entrée au sein d’une nouvelle organisation est une étape importante dans la vie d’un individu. Elle plonge ce dernier dans un processus de socialisation organisationnelle qui peut être source de stress, de difficultés, car cela nécessite pour le nouveau de s’adapter à un nouvel environnement de travail, de s’intégrer dans une nouvelle équipe, d’apprendre un nouveau job. En vue d’aider les nouveaux travailleurs dans leur socialisation organisationnelle, certaines entreprises mettent en place la pratique du parrainage, qui organise la mise en relation entre un membre intégré de l’organisation et le nouvel entrant. Cette recherche s’intéresse à la pratique de parrainage instaurée au sein de Mydibel, société industrielle active dans le secteur alimentaire, et vise à répondre à la question suivante : « Dans quelle mesure le programme de parrainage mis en place chez Mydibel, intervient-il dans l’expérience de socialisation organisationnelle des nouveaux ouvriers ? ». Pour y répondre, une recherche empirique de type inductif a été réalisée. Elle mobilise la méthode de l’étude de cas et repose sur une combinaison de techniques de natures qualitatives : la réalisation d’entretiens compréhensifs, l’observation et la documentation. Les données récoltées ont été analysées au regard d’une double perspective : dans un premier temps, une approche managériale et dans un deuxième temps, une perspective plus sociologique basée sur l’approche interactionniste. Les résultats de cette étude ont révélé la présence de multiples agents socialisateurs intervenant au cours de la socialisation des nouveaux. Toutefois, le parrain semble occuper une place primordiale à travers ses nombreux rôles : formateur, conseiller, facilitateur social, protecteur, etc. Il est vu par les nouveaux comme un Autrui significatif de confiance qui vient rassurer et donner du sens au nouvel environnement de travail. Néanmoins, il participe surtout à la socialisation au niveau du travail et du groupe de travail, délaissant quelque peu le niveau organisationnel, d’où la nécessité pour Mydibel d’intervenir, via la mise en place de dispositifs organisationnels. Par ailleurs, il en ressort que parrainer apporte également beaucoup aux parrains (remise en question, revalorisation, responsabilisation, etc.) et les plonge dans un processus de resocialisation, venant confirmer le postulat d’influence mutuelle prôné par l’approche interactionniste. Finalement, deux modes de socialisation ont été identifiés chez Mydibel. D’une part, les nouveaux parrainés sont socialisés de façon « centralisée » car ils bénéficient d’informations et d’influences issues principalement d’une unique source, leur parrain, amenant à une forte conformité à celui-ci. D’autre part, les nouveaux non-parrainés suivent une socialisation « distribuée », où la multiplicité des agents socialisateurs et des interactions amène à une diversité des influences, conseils et possibilités d’ajustement, favorisant l’innovation de rôle.