Sortie d'activité: La restructuration externe vue comme une sortie volontaire. Quels sont les causes, conséquences et apprentissages pour l'entrepreneur?
Files
Ninane_59651100_2016.pdf
Closed access - Adobe PDF
- 1.38 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Un entrepreneur entrant sur le marché avec sa nouvelle entreprise sera confronté à la sélection du marché. Il ne fera plus face à ce qu’il avait imaginé, mais à la réalité qui est parfois tout autre. Peut-être devra-t-il un jour, quitter l’entreprise qu’il a créée (Engel, 1999 ; Petty, 1997) . Ce processus d’entrée et de sortie d’activité sur le marché est un processus naturel qui fait tourner l’économie et l’évolution des industries. Les entrepreneurs sont donc des acteurs importants pour l’économie (Metcalfe, 1997 ; Baumol, 2002) . Sans entrée et sortie d’activité, il n’y a pas d’apprentissage et donc pas de progrès économique (Audretsch et al., 2014) . Le fait que chaque entrepreneur passe par une sortie d’activité un jour, contribue à l’importance du phénomène. Beaucoup d’études ont analysé les sorties d’entreprises, mais peu l’ont réalisé au niveau de l’individu. Selon Shane et al. (2003) , ce processus entrepreneurial est initié par un individu ou par une équipe d’individus. Cette décision de sortir de l’entreprise émane donc d’une décision humaine. C’est pour cela qu’il est important de comprendre le point de vue de l’entrepreneur (Sarasvathy, 2004b) . De nombreuses études récentes se sont alors focalisées sous cet aspect-là, reconnaissant qu’il était guidé par ses propres et uniques choix, intention et motivation quand il prenait des décisions (DeTienne & Cardon, 2012) . La sortie entrepreneuriale peut avoir des conséquences sur l’entreprise (si elle est toujours en activité au moment du départ de l’entrepreneur), sur le secteur d’activité et sur l’économie. Nous n’aborderons pas ces aspects dans ce travail. Pour la plupart des gens, la sortie d’activité est associée à la faillite. Celle-ci peut être vécue comme un échec pour l’entrepreneur. Ce dernier est obligé de fermer son entreprise, car la valeur des actifs de sa société est inférieure à la valeur de ses dettes et il est donc dans l’incapacité de les rembourser (Pastena & Ruland, 1986). La décision de fermer l’entreprise sera prise par des parties externes telles que le tribunal du commerce et des créditeurs. Sa sortie sera donc perçue comme une décision involontaire. Or, de récentes études de Bates (2005) et Headd (2003) ont montré qu’une sortie d’activité peut maintenant être différenciée d’un échec. En effet, plus d’un tiers des entrepreneurs ayant connu une discontinuité dans leurs activités ont considéré leur sortie comme un succès. Les sorties d’activité ne sont pas que des évènements négatifs dans la vie d’un entrepreneur. Ce dernier peut quitter son entreprise pour de multiples raisons et vivre cette sortie comme un succès personnel. Sa sortie peut être vue comme une décision volontaire. Il peut vouloir partir de son plein gré en la revendant, en la transférant à un membre de sa famille, en prenant sa retraite, en créant un nouveau projet, etc. Il ne sera forcé par aucune partie externe de quitter son entreprise. Les raisons d’une sortie d’activité sont donc très nombreuses. Selon Balcaen et ses coauteurs (2012), 41 % des entrepreneurs sont sortis suivant une procédure de déclaration de faillite, 44 % ont volontairement liquidé leur entreprise et 14 % l’ont restructurée. C’est pour cela que tout au long de ce travail, nous les séparons en deux groupes bien distincts : les sorties d’activité involontaires et volontaires.