Peyotl, Feu et Mara’akame: Comment des Occidentaux s’approprient une pratique thérapeutique rituelle des Wixaritari du Mexique : une recherche qualitative par des entretiens semi-structurés auprès de mangeurs de peyotl en Europe
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- Une part du milieu thérapeutico-spirituel européen a accueilli pendant plus de 10 ans un Mara’akame du nom d’Utakame dans le cadre de cérémonies thérapeutiques. Ce guide de cérémonie est originaire du peuple des Wixaritari de la Sierra Madre du Mexique. Riches de leurs traditions pré-hispaniques peu acculturées, les Wixaritari ont conservé une pratique rituelle autour de la consommation d’un cactus psychotrope appelé peyotl. Les déplacements des Mara’akame vers l’Europe font partie d’une nouvelle migration circulaire qui engage un échange de valeurs, de capitaux, d’objets, de pratiques et de représentations. Ce mémoire se penche sur les processus qui sont à l’œuvre dans cette figure de la rencontre interculturelle entre les attentes des Européens et l’offre des Mara’akame. Ces cérémonies sont en effet louées en Europe pour leurs ouvertures thérapeutiques et transcendantes grâce à la puissance révélatrice du peyotl. Aussi, la problématique est la suivante : comment l’action du peyotl et le cadre de la cérémonie offrent-ils un appui thérapeutique aux Européens ? Pour répondre à cette question, quatre Européens particulièrement actifs dans le milieu des cérémonies avec Utakame et un Mara’akame ont fait part de leurs observations dans des entretiens semi-structurés uniques. Les entretiens sont ici analysés pour mettre en lumière différents processus qui sous-tendent les cérémonies. L’identité qui est remobilisée à l’image de la dialectique de la personne selon J. Gagnepain, une communication floue entre deux altérités culturelles qui tient une mise en sens originale de l’expérience liminaire partagée par le groupe de participants des cérémonies, et l’intérêt de l’idéalisation de la figure de l’Indien sont quelques-uns des mécanismes relevés dans ce travail. Sur base de ces résultats, nous supposons que les Européens engagés dans cette pratique sont sur un chemin de découverte grâce à la culture du Mara’akame présentées en cérémonie par l’intermédiaire d’un facilitateur. Dans cette rencontre, tant les Occidentaux que les Wixaritari recréent leurs repères culturels tout en se dégageant de leurs obligations sociales. Deux positionnements face au sacré sont alors sollicités pour réagir à la logique néo-libérale actuelle et globalisante.