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Existe-t-il un potentiel de travail inexploité parmi la population âgée de Belgique ? Application des méthodes d’estimation de la capacité à travailler .

(2019)

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L’accroissement de l’espérance de vie engendre l’augmentation des dépenses du système de pensions belge et entraine celui-ci vers une situation de moins en moins soutenable sur le long terme. Une des solutions proposées et déjà en application un peu partout dans le monde est l’augmentation de l’âge légal de départ en retraite, ce qui permettra de réduire les dépenses de la sécurité sociale tout en augmentant ses rentrées. Cette solution, motivée principalement par le besoin ne sera couronnée de succès que si la santé des personnes touchées leur permet de travailler à des âges avancés. C’est la question de départ de ce travail : « Est-ce que la population âgée jouit d’une santé suffisante pour travailler au-delà de l’âge actuel d’éligibilité à la retraite ?». Nous parcourrons la recherche économique actuelle en termes de potentiel de travail à des âges avancés en démarrant notre analyse par une brève revue des facteurs de départ en retraite étudiés par Dora L. Costa dans son ouvrage sur l’histoire de la retraite aux Etats-Unis (Costa, 1998). Nous continuons et nous attarderons sur les méthodes d’estimation de la capacité à travailler. La mise en oeuvre de la méthode de Cutler et al. (2012) au moyen de données de l’Enquête de santé nous apprendra qu’il existe en Belgique un potentiel de travail inexploité important parmi ses individus retraités car les prédictions de la capacité à travailler (du fait de la détérioration de leur santé avec l’âge) sont bien inférieures à la baisse de leur taux d’emploi. Nous verrons également que ce potentiel de travail, au-delà de la santé, dépend plus largement de la catégorie d’emploi et de facteurs démographiques comme l’éducation, le genre et la région de résidence.