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Craenembroeck_31871700_2019.pdf
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- Les difficultés de la théorie classique à prévenir ou expliquer les crises financières, combinées à des hypothèses utopiques, ont mené progressivement les théoriciens à remettre en question cette théorie. Deux défauts majeurs ont été avancés : une rationalité limitée qui montre que les investisseurs sont soumis aux émotions et une limite à l’arbitrage traduisant un marché imparfait. Ceci a conduit à la croissance progressive de la théorie du sentiment qui intègre ces concepts. Ce mémoire a pour objectif de démontrer dans un premier temps que le sentiment a un impact sur les titres et que celui-ci n’est pas équivalent pour tous les titres. Dans un second temps, ce travail a pour but de montrer qu’il est possible d’utiliser le sentiment pour prédire les rendements. Le sentiment peut se définir comme une croyance à propos des flux futurs liés à un investissement qui n’est pas justifié par des faits tangibles. Il se propage à travers le taux d’actualisation et se matérialise par une variation de la demande spéculative combinée à un arbitrage limité qui viennent se renforcer mutuellement. Il en ressort que la sensibilité entre les différents titres varie en fonction de leur attrait spéculatif et de leur difficulté à être arbitrées. Ces deux éléments peuvent être approximés par la volatilité. Une revue de la littérature sur l’impact du sentiment a fait ressortir une surévaluation des actions plus sensibles en période de sentiment élevé. A l’inverse, la présence d’un flight to quality apparait en période de sentiment faible. Cela laisse présager la présence de rendement futur plus faible sur les actions surévaluées. Il est donc possible que contrairement à la théorie classique du risque, les actions plus risquées possèdent des rendements plus faibles. Par la suite, nous avons pu aborder le bêta de sentiment en nous inspirant du concept de bêta du marché de la théorie classique. Le dernier point de cette analyse nous a conduit à étudier la manière dont différentes caractéristiques liées à l’entreprise influencent la sensibilité au sentiment. Il s’avère que la taille possède le pouvoir explicatif le plus important. D’autres caractéristiques comme l'âge, la politique de dividende et le potentiel de croissance de l'entreprise ont un pouvoir explicatif distinct de celui de la taille. Les autres doivent être traitées avec prudence. Après un brève explication historique, notre analyse théorique nous a amenés à évoquer l’impact du sentiment sur les investisseurs. Il n’est pas surprenant de constater que les investisseurs les moins sophistiqués semblent plus sensibles au sentiment malgré que cela ne se reflète pas dans leurs résultats financiers. En ce qui concerne les investisseurs professionnels, après avoir évités les actions sensibles au sentiment durant de nombreuses années, ils ont opéré un changement dans la détention des actifs. Afin d’exploiter les comportements prévisibles des investisseurs particuliers à leur avantage, ils ont commencé à détenir des actions sensibles au sentiment. L’avant dernier point de cette partie théorique se concentre sur la possibilité de prédire les rendements. En se basant sur l’analyse précédente, nous avons pu établir qu’une période de sentiment élevé était suivie de rendements faibles pour les actions dont la valorisation est subjective et inversement en période de faible sentiment. Enfin, le dernier point développe les différentes mesures du sentiment puisqu’aucune n’est universellement reconnue. Ces différents chapitres nous ont conduit à mener différentes analyses pour vérifier si les petites entreprises sont effectivement plus sensibles et s’il est possible de prédire les rendements sur un portefeuille long-short grâce à un indice de sentiment. Les résultats ne nous ont pas permis de confirmer que ces entreprises plus petites ont une sensibilité accrue au sentiment. Ensuite, parmi tous les indices sélectionnés, seul l’indice Sentix individual semble prédire partiellement les rendements pour le portefeuille long-short. Néanmoins, nos résultats ne sont pas suffisamment significatifs pour tirer une conclusion générale. Ce manque de significativité peut être expliqué par un manque de précision dans les données utilisées.