Analyse des facteurs qui influencent le rendement des actions sur la bourse de Casablanca
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- Ce mémoire a pour but d’analyser les facteurs qui influencent le rendement des actions cotées sur la bourse de Casablanca. Pour cela, nous avons commencé par comprendre comment ces rendements sont calculés et quels sont les différents types d’investisseurs. En effet, différentes formules sont utilisées pour calculer les rendements des actions en fonction du nombre de périodes (une ou plusieurs). De plus, tous les investisseurs n’ont pas le même degré d’aversion au risque et ont des courbes d’indifférence différentes selon leurs tolérances au risque. Le développement de la théorie moderne portefeuille, développée par Harry Markowitz en 1952, fut l’une des premières recherches permettant d’établir un lien entre le risque et le rendement espéré. En variant la composition de son portefeuille, un investisseur est capable d’influencer le niveau de risque auquel il fait face et peut donc prédire le rendement de son investissement. Tout portefeuille se trouvant sur la droite des capitaux de marché constitue une combinaison efficiente d’actifs qui permet de maximiser la relation risque-rendement. La partie théorique du travail de Markowitz a été optimisée en 1964 par William Sharpe puis par John Lintner en 1965 et Jan Mossin en 1966. Ces derniers ont créé le modèle d’évaluation des actifs financiers (MEDAF) qui est encore aujourd’hui l’un des modèles financiers le plus utilisé dans le monde. Ceci est dû à sa facilité d’application et à son utilisation dans de nombreux domaines tels que la valorisation d’entreprise, l’estimation du coût de capital, le calcul des rendements prévisionnels. Même si le MEDAF a été validé empiriquement par Black en 1972, il fut largement critiqué, car il se base sur de nombreuses hypothèses non applicables dans la vie réelle (modèle sans taxes et sans frais de courtage, le temps de détention et l’aversion au risque sont similaires pour tous les investisseurs, etc.). Pour surmonter ces critiques, certains financiers ont développé des modèles d’évaluation similaires au MEDAF en éliminant des hypothèses. D’autres théoriciens, ont élaboré des modèles alternatifs tels que le modèle d’évaluation par arbitrage de Ross en 1976, le ratio valeur comptable sur valeur de marché (VC/VM) par Stattman en 1980 et le facteur taille par Banz en 1981. Ces derniers ont démontré que les entreprises ayant un ratio VC/VM élevé ou une petite capitalisation boursière présenteraient de meilleurs rendements. Cependant, la taille et le ratio VC/VM sont des facteurs liés au risque spécifique d’une entreprise et ne prennent pas en compte le risque de marché évoqué à travers le MEDAF. En 1992, Eugène Fama et Kenneth French ont consolidé toutes ces études en formant un modèle qui inclut le risque systémique et les risques spécifiques. En effet, leur formule met en avant la relation qui pourrait exister entre le rendement des actions, le risque de marché (Beta et prime de risque du marché), la taille et le ratio VC/VM d’une entreprise. Suite à leur étude empirique sur le marché américain, ils conclurent que le ratio VC/VM avait une influence prépondérante sur le rendement des actions américaines. Le cas du Maroc est abordé dans la deuxième et troisième partie du mémoire. Après une présentation détaillée de la situation de la bourse de Casablanca, une étude empirique a été réalisée sur celle-ci afin de déterminer quel facteur spécifique a une influence sur le rendement des actions. Pour cela, 6 types de portefeuilles ont été créés par année. En effet, les 75 actions présentes sur la bourse de Casablanca ont été réparties dans les catégories suivantes : petite capitalisation boursière et ratio VC/VM faible, petite capitalisation boursière et ratio VC/VM moyen, petite capitalisation boursière et ratio VC/VM élevé, grande capitalisation boursière et ratio VC/VM faible, grande capitalisation boursière et ratio VC/VM moyen, grande capitalisation boursière et ratio VC/VM élevé. Au total, 60 portefeuilles différents ont été créés sur les 10 années d’études (10 par année de 2009 à 2018). Le résultat de cette étude nous affirme que les entreprises marocaines ayant une petite capitalisation boursière sont plus performantes que les entreprises ayant une grande capitalisation ou un ratio VC/VM élevé. Enfin, l’efficience du marché a également été développée en fin du mémoire. Eugène Fama est l’un des pères fondateurs de l’efficience de marché. Il a évoqué l’existence de trois formes différentes d’efficiences : faible, semi-forte et forte. Le niveau d’intensité varie selon la capacité d’un marché à intégrer les différentes informations (publiques et privées) dans le cours des actions. Dans un marché avec une forte efficience, les investisseurs disposent de l’ensemble des informations possibles. Le prix des actions reflète instantanément toutes nouvelles données. Ceci enlève la possibilité aux investisseurs de tirer profit de nouvelles informations. Cependant aucun marché n’est soumis à cette forme d’efficience, car de nombreuses informations sont considérées comme confidentielles et en profiter constituerait un délit d’initié. La digitalisation de la bourse au Maroc a amélioré l’efficience du marché grâce à de nouvelles plateformes d’échange et de surveillance des actions. La création de nombreuses bases de données permettant aux investisseurs de consulter les historiques des entreprises cotées et de prédire leurs rendements futurs a permis d’augmenter le nombre de transactions effectuées sur la bourse de Casablanca. Ceci a pour conséquence une meilleure liquidité et une meilleure intégration des informations dans le prix des actions marocaines.