Identification des mécanismes d'interculturalités lors de la réception des estampes anversoises pieuses par les populations colonisées des territoires portugais de Sud-Est de l’Inde (Goa, Divar, Cochin) : 1542-1700
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- Lorsque la Mission pris la décision de suivre les marins portugais vers leurs nouvelles colonies d’Inde méridionale, celle-ci décida d’emporter avec elle un grand nombre d’images. En effet, le visuel permettait, selon les leaders de la Mission, de communiquer plus aisément avec les populations autochtones. De plus, l’image possédait ce pouvoir de rendre la dévotion accessible à n’importe qui. Ils se tournèrent donc vers ce qui était à l’époque la capitale mondiale de l’image imprimée : Anvers ; et chargèrent les bateaux en partance pour Goa d’estampes flamandes représentant le Christ, la Vierge et autres Saints. Or, cette arrivée coïncidait, quelques années plus tard, avec un autre événement fort, lui aussi relatif aux images. En effet, les colons portugais, constatant le nombre réduit de conversion spontanées décidèrent de détruire radicalement et systématiquement toutes images non chrétiennes. C’est ce que certains historiens nomment : « la Guerre des images de Goa ». En outre, l’image, et donc très souvent l’estampe anversoise, allait devenir un des sujets centraux de l’entreprise coloniale portugaise en Inde. À Goa force est de constater que l’on domine par la visualité. Néanmoins, si l’on domine par le visuel, l’on se. Révolte aussi par le visuel. L’image devient peu à peu l’incarnation d’un bras de fer résumant la situation coloniale à elle seule : d’un côté, des colons cherchant à soumettre et à imposer de nouvelles normes culturelles dites « civilisées », et de l’autre, des colonisés refusant cette soumission et cherchant à faire survivre leur ancien monde culturel.