Etude rétrospective de la sévérité et des complications liées au trauma pancréatique de l'enfant.
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- Contexte et objectifs : Le traumatisme pancréatique est la 4èm cause la plus fréquente de traumatismes abdominaux chez les enfants. Peu d'études ont porté sur l'impact de la sévérité des traumatismes et de la gestion thérapeutique (chirurgie vs. endoscopie vs. observation) sur les morbidités à moyen et long terme. L'objectif de cette étude était de déterminer les morbidités à moyen et long terme liées au grade et à la prise en charge initiale du traumatisme pancréatique chez les enfants. Matériels et méthodes : Les dossiers de 29 enfants âgés de 0 à 18 ans, admis aux CUSL entre 01/2007 et 12/2017 pour traumatisme abdominal impliquant le pancréas, ont été examinés rétrospectivement. Les données sur les caractéristiques traumatiques, les symptômes cliniques, l'imagerie, la gestion thérapeutique et les complications à court et à long terme ont été analysées. Résultats : Nous avons identifié 29 patients (18/29, 62% de garçons) âgés de 1 à 17 ans (âge moyen : 6,9 ans). La plupart des enfants (18/29, 62%) avait un trauma léger (AAST grade I-II), tandis que 11 avaient des lésions pancréatiques plus sévères (grade III-IV). Pour 22/29 (76%) des patients, le trauma du pancréas était associé à une lésion d’un autre organe, celle hépatique étant la plus répandue (17/22, 77%). Les symptômes cliniques sont non spécifiques pour diagnostiquer l'implication pancréatique : douleur (27/29, 93%) et nausées/vomissements (15/29, 52%). L'imagerie par CT-Scan a repéré une lésion canalaire dans 90% des grades III-IV. Presque tous les patients ont été pris en charge de façon observationnelle Parmi les grades sévères, seulement 2/5 des grades IV ont bénéficié d’une chirurgie en première ligne (pancreatico-jéjunostomie), en raison d’un diagnostic et transfert tardifs qui empêchaient une intervention. Le séjour à l'hôpital a été significativement plus court pour les grades I comparé aux grades plus sévères (13 vs 19,5 jours, p=0,025). Les complications médiates du traumatisme pancréatique se composaient de pseudokystes; ceux-ci ont été exclusivement observés chez les grades III (6/6, 100%) et IV (4/5, 80%). Les fonctions pancréatiques endocriniennes et exocrines ont été suivies (suivi moyen : 4,5+/-3,7 ans) respectivement chez 10/11 et 7/11 des patients, avec des traumas de grade III-IV. La fonction endocrinienne a été préservée chez tous. Par contre, la fonction exocrine a été altérée chez 3/7 (43%); tous se plaignaient de symptômes intermittents de douleurs abdominales et de stéatorrhée. Conclusion : Cette étude monocentrique a montré que par rapport aux traumas pancréatiques de grade I-II, les enfants admis pour trauma pancréatique de grade III-IV présentaient un risque plus élevé de pseudokystes, nécessitaient une hospitalisation plus longue et une réhospitalisation plus fréquente pour problèmes pancréatique. En outre, étaient plus susceptibles d'évoluer vers une dysfonction exocrine au fil du temps. Le suivi des patients atteints d'un traumatisme pancréatique de grade III-IV-V est donc important pour détecter les complications à moyen et long terme. L'extension de cette étude à une étude multicentrique permettra de mieux analyser l'effet de la chirurgie vs endoscopie vs observation sur le long terme.