La figure du monstre-criminel : paradoxe entre une figure esthétique singulière de mise en forme des peurs et une représentation collective commune de la société
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- Quelle fonction pourrait bien remplir le Monstre-criminel au sein de la société ? Lui qui effraye tellement, par ses actes atroces et incompréhensibles, que les mots manquent à la société pour décrire cet être monstrueux. Que témoignent les réactions violentes du public face à une figure criminelle ? Pour répondre à ces questions, nous avons essayé, dans ce mémoire, de développer différentes hypothèses permettant d’expliquer comment l’effroi viendrait non pas de la vue d’un Monstre-criminel, mais bien, paradoxalement, d’un manque de monstres singuliers psychiques chez les individus. En effet, c’est lorsque l’individu crée esthétiquement son monstre singulier qu’il peut représenter une angoisse et la faire évoluer en un sentiment de peur. Créer soi-même autour d’un acte monstrueux donnerait une place privilégiée à la parole du sujet afin que ce dernier puisse être acteur de quelque chose qui lui échappe toujours un peu. Nous essayerons de montrer comment l’altérité du Monstre-criminel – qui nous empêche de nous identifier à cette figure - avec une personne de la société est une condition de possibilité, un appel, à la création personnelle et à l’élaboration de son chaos pulsionnel interne. Autrement dit, nous pensons que le Monstre-criminel rapproche davantage l’individu de lui-même qu’il ne l’éloigne. C’est par deux perspectives théoriques, l’une psychologique et l’autre psychanalytique, que nous avons principalement essayé d’identifier et d’expliquer les mécanismes psychiques des individus lorsqu’ils réagissent émotionnellement avec le Monstre-criminel.