Étude archéologique du bâti appliquée à un ensemble urbain sis à Bruxelles (122, rue de Flandre)
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- Le 9 juin 2005 l’ensemble sis au n° 122 de la rue de Flandre est regroupé avec cinq autres bâtiments de la même artère qui sont classés comme « monument ». Cet acte marque l’aboutissement d’un processus de reconnaissance de la valeur patrimoniale de ces constructions par notre société. Pour le n° 122 ce sont les intérêts « historique » et « esthétique » qui ont été retenus pour la protection de la quasi-totalité de l’immeuble. Cette valorisation patrimoniale amène également certaines obligations afin de garantir la bonne conservation des éléments qui ont conduit à cette décision. Parmi ces obligations, il existe la possibilité de la mise en place d’une « clause archéologique » lors de la réalisation de travaux ou de modifications. C’est dans ce cadre-là que s’inscrit l’étude ci-présente. Cette dernière tente de proposer un schéma de l’évolution du site basé sur une observation des vestiges matériels par l’archéologie du bâti. Afin d’élargir au maximum les champs de vision et de compréhension de l’évolution des bâtiments, l’archéologie du bâti doit se concevoir dans une approche interdisciplinaire. C’est pourquoi cette étude est enrichie des données fournies par l’archéologie, l’histoire, l’histoire de l’art et la dendrochronologie. L’apport de ces différentes disciplines représente un avantage important pour ce patrimoine et pour les nouvelles hypothèses d’évolution qu’elles proposent. Cette analyse s’est développée en trois grandes étapes. La première consiste en l’établissement de la fiche signalétique et un état de la question sur les informations disponibles pour l’ensemble. La deuxième s’attache à la réalisation d’une étude historique qui permet, au travers de l’approche de l’huizenonderzoek, de retracer l’histoire des bâtiments et du quartier Sainte-Catherine du XIVe siècle jusqu’à nos jours grâce aux sources écrites et iconographiques. Enfin, la troisième étape consiste en une étude d’archéologie du bâti basée sur l’enregistrement, l’observation et la description des vestiges matériels. L’association de ces trois étapes a permis d’aboutir à une proposition d’interprétation composée de sept phases pour l’ensemble des constructions. Ces phases s’échelonnent de la période tardo-médiévale (XIVe – XVIe siècle) jusqu’à aujourd’hui (XXIe siècle) et semblent témoigner de l’urbanisation progressive du quartier et de l’accroissement des besoins en espaces intérieurs des habitants. En effet, les bâtiments sont agrandis à plusieurs reprises, principalement au XVIIe et XVIIIe siècles. Au XIXe siècle, l’escalier principal du bâtiment avant est modifié, une cave et le couloir de liaison entre le bâtiment avant et le bâtiment arrière sont ajoutés et des modifications sont apportées aux façades avant des bâtiments à front de rue et de fond de parcelle. Les XXe et XXIe siècles sont marqués par l’agrandissement des espaces intérieurs du rez-de-chaussée via le couvrement partiel de la cour et par le dérochage extensif des récents travaux. C’est également le cadre bâti à la fois sur le site et autour du site qui est documenté. Ainsi, la phase I (XIVe – XVIe siècle) pose la question de savoir si un bâtiment était présent sur le site en raison du peu d’éléments actuellement attribuables à d’éventuels habitants (une niche, deux possibles cheminées, un éventuel étage entre le rez-de-chaussée et le premier étage, une structure en cave de fonction indéterminée). La phase II (XVIIe siècle), pourrait être marquée par l’apparition de l’achterhuis (datation par dendrochronologie de l’abattage des arbres servant pour les poutres maîtresses entre 1628 et 1640). Celle-ci possède un système de baies percées dans le mur oriental du bâtiment qui indique qu’aucune construction n’était directement voisine du côté oriental, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Le dépouillement des archives a également permis de documenter la fonction de l’ensemble qui est lié au monde de la production et de la vente d’alcool dès le XVIIe siècle ainsi que le profil socio-économique des habitants qui l’ont occupé. Au XVIIe et XVIIIe siècles ce sont régulièrement des gens en lien avec l’activité de brassage de bière ou de production d’eau-de-vie. Au cours des XIXe et XXe siècles les activités commerciales se poursuivent et se diversifient. Enfin, depuis le rachat de l’ensemble par le propriétaire actuel, l’activité commerciale a cessé.